Messagepar francis ouaibmastair » 19 juil. 2007, 16:41
Si je vous dis que j'ai oublié mon appareil photo chez mon frangin à Cherbourg lors du retour, vous ne me croirez pas et bien si ! Faut le faire tout de même ! Il devrait arriver dans les jours qui viennent.
Le voyage fut superbe jusqu'à Redditch et rendu encore plus beau par la présence d'un Jean-Pierre en grande forme et dont la présence est un plaisir constant. Merci Jean-Pierre pour nos moments de discussion, nos roulages, nos petits ennuis sous la pluie, nos recherches d'hôtels... Tout cela dans la bonne humeur, le sourire au lèvre, le regard ébahis par les paysages fabuleux de la campagne anglaise.
Nos motos ont bien roulé... Le 80 convenait parfaitement à ma Bullet, nouvellement restaurée (comment le dire autrement vu le travail très complet fait par jacques ! Je crois qu'il a tout démonté, tout vérifié dessus) et cela a payé. Peu d'ennuis, quelques toux sous la pluie, mais rien de bien méchant, les moteurs tourneront rond durant tout le voyage. Conso d'huile normale, pas de panne particulière. Si, une centrale de clignos qui sautent.... Une bricole.
Je n'avais, d'ailleurs pas d'inquiétude quant à ma machine.
Jacques a bataillé avec le temps pour me livrer un engin sur lequel il avait fait 250 kms de pré rodage, re démonté le moteur puis remonté, essayé différents gicleurs....
Les joints manquant à ma commande de pièces ! Pas de problème pour jacques, il taille dans une tôle de fer un joint de support de cylindre, découpe dans du papier les joints de boîte. Perce un trou dans la plaque séparant les pignons et le carter avant pour dissiper les pressions. Il mesure des feuilles de papier pour s'en servir de cales d'épaisseur et ajuste le piston au petit poil. Magie, je suis ébahi par le livret qu'il me remet ... Trois pages décrivant toutes les opérations qu'il a effectué sur ma moto.... Jacques....le magicien qui d'un bout de bougie tire une cale d'épaisseur pile poile mesurant le point mort haut d'un cylindre, pas plus pas moins.... Magie... oui, je le pense.
Le voyage aller ?
- Et bien vous le savez déjà, nous nous sommes retrouvés à Cherbourg puis bateau rapide jusqu'à Poole.
La nous attendait Adrian.
Adrian ? Il était la, discret, nous a piloté durant les premiers kilomètres et grâce à lui nous avons pu nous habituer sans encombre à la conduite à gauche, il suffisait de le suivre et de prendre une leçon de conduite sur les routes anglaises.
Adrian n'aime pas Poole, il a raison... Ville industrielle au possible, elle n'a rien de charmant, d'ailleurs, nous n'y boirons même pas un verre. Adrian nous pilote vers son village qui lui est charmant, calme.
Nous nous arrêtons dans un pub dont vous avez vu la photo pour se désaltérer un peu puis Adrian nous emmène à nouveau.
Lorsqu'il nous quitte, il nous fait un cadeau, trois bouteilles de bière chacun qui'il charriait sur sont dos sans nous le dire, depuis le début. Nous sommes surpris, son accueil est fantastique. Nous pourrons ainsi apprécier quelques versions de houblon anglais et nous faire une idée de ce que ce breuvage peut donner. Jean-Pierre compare avec la Belgique. Moi je compare avec la pisse d'âne française et la ... Y'a pas photo.
- Puis, nous roulons jusqu'à Redditch.
Le temps est mitigé, mais pas de pluie... pas encore...
Rouler en Angleterre ?
Ce ne fut jamais un problème, suffit de faire attention. Et tout est fait pour éviter la catastrophe. Tout d'abord, la vitesse qui est limitée à 80 sur nationales, puis la largeur des routes, beaucoup plus étroites qu'en France. Il faut avoir vu conduire un camionneur anglais pour comprendre ce qu'est être un virtuose de la conduite !!!
Jean-Pierre, nous l'avons décidé ainsi, est devant. En effet, il possède une sacoche de réservoir ou les cartes peuvent se loger. Il conduit tranquillement tout au long de notre chemin. Pas d'excès de vitesse, un train-train tranquille et rassurant qui nous assure d'être en sécurité.
Donc, conduire à gauche ? Et bien je ne sais trop pourquoi et suis incapable de l'expliquer, mais je trouve cela plus logique qu'à droite.
Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien, mais c'est un fait dont je m'ouvrirai à Jean-Pierre sans fournir plus d'explication.
Oui, ce constat je le maintiens ce jour, après avoir roulé de nouveau à droite depuis notre retour (évidemment !!!) je suis devenu un adepte naïf de la conduite inversée....
Nous arrivons à Redditch de nuit, sous une pluie fine, désagréable, qui vous fouette le visage, peu protégé par mon jet... Arrivée en nocturne, nous cherchons un endroit hôtel ou B and B pour dormir... Mais avons les plus grandes difficultés, malgré la signalétique pour trouver ... Le centre ville...
Redditch est une ville ouvrière dont le centre est vérolé par un énorme centre commercial.. Autour, les maisons...
Nous demandons maintes fois notre chemin, et celui de l'hôtel indiqué par Adrian (Décidemment, nous lui devons beaucoup) . Ouf, finalement, nous le trouvons... à l'opposé de l'endroit que nous cherchions... Redditch est une ville très vivante la nuit. Deux bars sont remplies de jeunes gens qui projettent spontanément un rayon de soleil sur un endroit sans attrait.
Ca chante, ça bois, ça rigole... Heureusement qu'ils sont la !
Nuit d'hôtel dans un Méridien quelconque. Nous dormons dans la même chambre, mais... faisons lit séparé... si ! si ! Jean-Pierre ronfle comme un sonneur et je dois lui toucher le bras dans la nuit pour qu'il cesse de souffler dans la trompette... Le lendemain matin, il m'apprend que, moi aussi, je ronfle, mais lui ne m'a pas réveillé. C'est décidé donc, le couple se séparera dorénavant pour éviter les concerts nocturnes !
Pas très bien fléché le lieu de rassemblement du lendemain alors que le soleil restera présent toute la journée. Nous nous perdons à nouveau...
Et découvrons l'organisation anglaise de ce rassemblement.
Un grand champ ou les motos sont classées par catégorie.
Avant telle date, après telle date, indiennes, anglaises, vélos, tondeuses à gazon, un flat twin jamais vu, ancien, posé à terre et qui aurait pu servir de moteur de bateau d'après ce que j'ai compris. Un flat twin Royal Enfield bien sur. Sur les 1000 motos espérées, seules trois cent sont au rendez-vous, je suis déçu par la quantité, mais admiratif de la qualité des véhicules présentées.
Impossible de tout décrire ici. Tout ce que vous pouvez imaginer est la.
De la moto indienne classique jusqu'au splendide side car d'un ami belge que nous ne pourrons, d'ailleurs rencontrer. Jean-Pierre lui laissera un mot en flamand... Des Continental de toute forme, des motos de course bidouillées, une moto de la dernière guerre avec casque lourd d'origine attaché sur le porte bagage et mitraillette Thompson au guidon, des monos, des bi, tout tout tout ! Et de toutes les couleurs et de toutes les formes.
Les anglais nous rappellent que nous ne sommes pas les seuls à bidouiller nos machines et s'il le fallait, que tout peut se faire à partir d'une base à quatre ou cinq vitesses.
Je suis le seul français de ce rassemblement... Cela n'a pas d'importance...Je passe une bonne partie de la journée à tourner et virer dans les stands.
Pas d'alcool en circulation, rien... décidemment, lors de notre propre rassemblement, nous n'avons rien inventé. Pas de baraques à frites qui puent servant de ces soit disant Hot Dog qui vous filent la courante après avoir passé des heures au soleil. Des stands de tout. Cromwell et ses superbes casques... J'ai voulu en acheter un... trop cher, beaucoup trop cher..Des photos de l'usine ... Partout sur des pancartes et l'historique de la marque rappelé par des photographies d'exposition. Nous écoutons l'un des membres du Royal Enfield Owners Club de Hollande faire l'historique des Royal Enfield avec beaucoup d'attention. Malheureusement, elle a du oublier les diapos entre deux moulins... S'excuse....
L'usine de Redditch n'existe plus. Seul un pan de mur est, parait-il visible encore ce jour. L'usine a construit aussi des quantités de prototypes. Tels des moteurs Diesel, mais aussi des moteurs deux temps. Vu de notre époque, je garde de tout cela l'étrange impression qu'ils auraient pu vouloir trop en faire... Cause de la chute des Royal Enfield, surement, trop de diversification et puis l'arrivée des japonaises, ces japonaises dont on dit un peu stupidement qu'elles ont tué plus de jeunes que les deux bombes atomiques... Comme s'il y avait un rapport de cause à effet...
Le temps est beau, très beau, nous continuons de naviguer et Jean-Pierre m'annonce avoir vu une Flying Flea dans un stand... je cherche cherche cherche ravis d'en trouver une ! la Flying Flea est ma moto fétiche, Petit 125 parachutable, elle fut la mob des anglais lorsqu'ils débarquèrent. On voit d'ailleurs une photo d'un soldat anglais, traversant un gué, de l'eau jusque sous les aisselles, tenant sur son dos la petite moto.
Je la trouve enfin... Mais ce n'est pas le modèle que j'aime.. Pourtant, je guigne son moteur, ses suspensions, m'imprégnant de tout ce qui s'offre à mes yeux. Au moins, le propriétaire a t'il tenu l'engin en l'état, et ne l'a pas défiguré en tentant de le repeindre comme certains l'ont fait....
hitchcocksmotorcycles.com est présent. Il nous offre quelques unes de leurs modifs dont un scrambler.. pas de pièces détachées... que l'on trouve en vrac partout ailleurs dans des stands habituels sur ce type de rassemblement. Je leur pose la question de ce nouveau modèle qui doit sortir bientôt, ils sont évasifs... Pourtant il est attendu en France prochainement... mais bon... veulent pas en parler...
On y trouve aussi les traditionnels vendeurs de produits à chrome, dont les produits ont des vertus quasi miraculeuses... On se croirait au far west lorsque les vendeurs de coca proposaient un médicament !
Nous quittons le rassemblement plus tôt que prévu. La sagesse nous rappelle que faire 250 kms en une fois le lendemain matin pour rejoindre Poole n'est pas une méthode très sure... Nous repartons vers 16 heures, d'ailleurs, le rassemblement semble se terminer... Certains font leurs bagages, d'autres mettent les moteurs en route... Nous roulons vers Poole et .... Ne trouvons aucun hôtel ou B and B pour nous recevoir. En ce mois de juillet, les fêtes sont partout en Angleterre et tout est plein à craqué... Nous demandons, redemandons, nous rapprochant de plus en plus de Poole... Enfin, un B and B nous accueille pour la nuit ! ouf ! la pluie recommence à tomber : "That"s England" m'a un jour dit un anglais, il a bien raison, si le beau temps n'est pas forcément l'apanage du noyau de l'ancien empire britannique, d'autres valeurs sont elles bien présentes dans ce pays, dont la courtoisie et la gentillesse.
Nous "sortons" manger et nous apercevons, très surpris, que nous sommes.... à Deux pas du Pub ou nous avait emmené Adrian ! Dans le même village ! Et nous ne nous étions douté de rien ! Nous avons une pensée pour notre ami qui n'a pu se joindre à nous.
Puis le retour..
Impression ?
Excellente sur ce pays que je connaissais déjà, mais pas en moto.
Envie, oui, nous avons envisagé un voyage en Ecosse, Jean-Pierre et Paola dans leur "van camping" et nous avec notre remorque.
Ce serait un voyage merveilleux, peut être le ferons nous un jour ensemble ou avec vous... Qui sait ?
Je suis heureux, une fois dans ma vie, d'avoir pu participer à tout cela, Heureux !
Dès que j'ai mon appareil, je vous passe des photos...
Quant au site, il est toujours en panne... Il fonctionne sur internet mais les mises à jour foirent les unes après les autres... Enfin, on trouvera bien une solution...
francis
"Le seul fait de rêver est déjà important.
"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns."