Tribulation d'un jeune conducteur
Posté : 27 mai 2015, 18:35
Cher tous,
Comme vous le savez peut-être, je suis sûrement le plus parfait exemple de la candeur motocyclée. Ma Royal Enfield Efi 2015 est ma première moto, je n'ai que 20 ans et à peine mille bornes à mon actif. Vous, vénérables nomades, c'est plutôt tout l'inverse. Des moteurs et des femmes, vous en avez connus des pelletées et votre bolide, c'est un peu le prolongement naturel de vos pattes et de vos parties génitales.
Je m'étais donc dit que ça pourrait peut-être vous intéresser d'avoir un retour de mes expériences sur la Royal Enfield et faire ainsi de mon inexpérience un témoignage original. Riez bien, chers amis, car je n'ai réellement, littéralement, conduit que deux moto dans ma vie (si on ose dire "conduire" car vous le verrez ma première fois ne m'a pas porté loin) et toutes deux étaient de ces chères indiennes que nous apprécions tant.
Commençons peut-être par le commencement ; Je guignais sur les Royal Enfield depuis quelques mois déjà mais, grand timide et tenu quelque peu en retrait par mes parents, je n'avais encore rien osé essayé. Certes, quelques mois auparavant, on m'avait fait participer à une virée sur un vieux scooter 125 qui avait déjà déjà 130'000 kil. à son actif (et c'était alors ma première et seule rencontre avec un deux roues), mais si ce n'est cette petite balade, j'étais encore vierge de tout contacte avec ces fameux engins. Je m'étais renseigné sur le net, avais regardé quelques vidéos, mais concrètement n'avais pris aucune initiative. Jusqu'au jour où...
Un garage pas loin de chez moi et dont je tairais le nom annonce sur son site web une occasion plutôt jolie. Une Royal Enfield 2012, toute modifiée Scrambler, kit 535, carbu, et pleins de petits trucs dont je ne connaissais l'intérêt ni d'Adam ni d'Eve. En réalité, même les questions de carbu, de scrambler, de 535 ne me disaient rien. Evidement à ce moment - et aujourd'hui encore - mon vocabulaire n'était pas adapté à tout ce jargon de pilote prout-prout-prout. Je décidai quand même d'y aller jeter un petit coup d'oeil, pour le goût de l'engin plus que pour l'enjeu commercial. Et bien, c'était un peu impressionnant. Première entrée dans un garage, le type ressemblait à la boule dans fort boyard, plutôt sympa, me tire une moto hors de la chaîne de Royal Enfield qui s'amassait dans tous les coins. "c'est celle-là qui vous intéresse, non ?". Effectivement, ça ressemble à la photo. Je passe une dizaine de minutes à la regarder sans trop savoir comment il fallait faire. J'ai lu quelque part qu'il fallait regarder si le pot était rouillé. Bon, apparemment c'est propre. Au bout d'un moment, le garagiste me propose de l'essayer. Euh... Je repasserai la prochaine fois !
À ce moment je me rend compte que je n'y connais strictement rien. Je l'aurais bien essayé, cette moto, mais je ne savais même pas démarrer cette chose et les rares vitesses que je passais étaient sur mon vélo... J'enclenche donc la phase "apprendre à conduire en douze minutes" sur Youtube. Douze minutes plus tard, je n'y connais toujours rien, mais j'ai compris le principe. On embraye, on passe la première en appuyant, on relâche et hop le tour est joué. Pour la deuxième, fastoche, même procédé et on remonte.
Deux jours plus tard, nouveau passage au garage. Cette fois, c'est l'essai. Première fois sur une moto, le stresse monte. Le garagiste m'informe : Alors celle-ci c'est marrant, les vitesses sont inversées, donc première en haut. Alors ça, c'était pas dans le contrat, mais on fera avec. On relâche gentiment la poignée d'embrayage. Et hop ! Ça démarre calmement, ça ne cale même pas. Dans l'emportement, arrivé à même pas 10 kil à l'heure, je me dis que je maîtrise si bien qu'il est l'heure de passer la deuxième. Pot... Pot... Pot... Le moteur n'apprécie pas la deuxième à 8 k/h, maintenant je sais. Calé. Fin de la balade, voici ma première expérience. Bilan ? La moto c'est chouette mais je suis vraiment nul.
Je laisse quelques jour s'écouler et trouve finalement que les vitesses inversées, c'est pas si top. J'ai pas trop envie de prendre de mauvaises habitudes et préfère commencer avec quelque chose un peu plus dans la norme. Je regarde le prix des Royal Enfield neuve parce qu'après tout pourquoi pas. Aïe. Mon budget d'étudiant vient de me rattraper. À 9'400 francs suisses ( 9'000 euros...), mon rêve de Royal Enfield s'envole rêvasser ailleurs. Merci le pouvoir d'achat national.
Quelques semaines plus tard, je vois que les Mash 500 (ou 400 si vous voulez la vérité rien qu'la vérité) sont moins chères et pas si laides. Je vais chez un concessionnaire pour voir la bête. Le type vendait aussi des Royal Enfield et remarque que je bave dessus depuis que je suis entré dans son magasin. "C'est vraiment les Mash qui t'intéressent ?". Un choix économique, mon cher monsieur. Le type me demande alors combien je peux mettre pour la Royal Enfield de mes rêves. Je lui avoue mon budget, indécent mais quand même maximum, il part dans l'arrière boutique. Deux minutes plus tard "Je peux la faire à ce prix exceptionnellement. Spécial étudiant fauché."
Maman, Allah, Buddha, Zeus, Jesus, merci.
Deux jours après, je la fais essayer à mon père qui saura proposer un bilan plus pertinent que le mien et pourra passer la deuxième correctement, lui. "Allez, fais-toi plaisir, c'est une bonne moto et en plus elle est très belle".
Je me lance.
Dans le prochain épisode (ce soir), je vous raconterai mes premiers kilomètres !
Comme vous le savez peut-être, je suis sûrement le plus parfait exemple de la candeur motocyclée. Ma Royal Enfield Efi 2015 est ma première moto, je n'ai que 20 ans et à peine mille bornes à mon actif. Vous, vénérables nomades, c'est plutôt tout l'inverse. Des moteurs et des femmes, vous en avez connus des pelletées et votre bolide, c'est un peu le prolongement naturel de vos pattes et de vos parties génitales.
Je m'étais donc dit que ça pourrait peut-être vous intéresser d'avoir un retour de mes expériences sur la Royal Enfield et faire ainsi de mon inexpérience un témoignage original. Riez bien, chers amis, car je n'ai réellement, littéralement, conduit que deux moto dans ma vie (si on ose dire "conduire" car vous le verrez ma première fois ne m'a pas porté loin) et toutes deux étaient de ces chères indiennes que nous apprécions tant.
Commençons peut-être par le commencement ; Je guignais sur les Royal Enfield depuis quelques mois déjà mais, grand timide et tenu quelque peu en retrait par mes parents, je n'avais encore rien osé essayé. Certes, quelques mois auparavant, on m'avait fait participer à une virée sur un vieux scooter 125 qui avait déjà déjà 130'000 kil. à son actif (et c'était alors ma première et seule rencontre avec un deux roues), mais si ce n'est cette petite balade, j'étais encore vierge de tout contacte avec ces fameux engins. Je m'étais renseigné sur le net, avais regardé quelques vidéos, mais concrètement n'avais pris aucune initiative. Jusqu'au jour où...
Un garage pas loin de chez moi et dont je tairais le nom annonce sur son site web une occasion plutôt jolie. Une Royal Enfield 2012, toute modifiée Scrambler, kit 535, carbu, et pleins de petits trucs dont je ne connaissais l'intérêt ni d'Adam ni d'Eve. En réalité, même les questions de carbu, de scrambler, de 535 ne me disaient rien. Evidement à ce moment - et aujourd'hui encore - mon vocabulaire n'était pas adapté à tout ce jargon de pilote prout-prout-prout. Je décidai quand même d'y aller jeter un petit coup d'oeil, pour le goût de l'engin plus que pour l'enjeu commercial. Et bien, c'était un peu impressionnant. Première entrée dans un garage, le type ressemblait à la boule dans fort boyard, plutôt sympa, me tire une moto hors de la chaîne de Royal Enfield qui s'amassait dans tous les coins. "c'est celle-là qui vous intéresse, non ?". Effectivement, ça ressemble à la photo. Je passe une dizaine de minutes à la regarder sans trop savoir comment il fallait faire. J'ai lu quelque part qu'il fallait regarder si le pot était rouillé. Bon, apparemment c'est propre. Au bout d'un moment, le garagiste me propose de l'essayer. Euh... Je repasserai la prochaine fois !
À ce moment je me rend compte que je n'y connais strictement rien. Je l'aurais bien essayé, cette moto, mais je ne savais même pas démarrer cette chose et les rares vitesses que je passais étaient sur mon vélo... J'enclenche donc la phase "apprendre à conduire en douze minutes" sur Youtube. Douze minutes plus tard, je n'y connais toujours rien, mais j'ai compris le principe. On embraye, on passe la première en appuyant, on relâche et hop le tour est joué. Pour la deuxième, fastoche, même procédé et on remonte.
Deux jours plus tard, nouveau passage au garage. Cette fois, c'est l'essai. Première fois sur une moto, le stresse monte. Le garagiste m'informe : Alors celle-ci c'est marrant, les vitesses sont inversées, donc première en haut. Alors ça, c'était pas dans le contrat, mais on fera avec. On relâche gentiment la poignée d'embrayage. Et hop ! Ça démarre calmement, ça ne cale même pas. Dans l'emportement, arrivé à même pas 10 kil à l'heure, je me dis que je maîtrise si bien qu'il est l'heure de passer la deuxième. Pot... Pot... Pot... Le moteur n'apprécie pas la deuxième à 8 k/h, maintenant je sais. Calé. Fin de la balade, voici ma première expérience. Bilan ? La moto c'est chouette mais je suis vraiment nul.
Je laisse quelques jour s'écouler et trouve finalement que les vitesses inversées, c'est pas si top. J'ai pas trop envie de prendre de mauvaises habitudes et préfère commencer avec quelque chose un peu plus dans la norme. Je regarde le prix des Royal Enfield neuve parce qu'après tout pourquoi pas. Aïe. Mon budget d'étudiant vient de me rattraper. À 9'400 francs suisses ( 9'000 euros...), mon rêve de Royal Enfield s'envole rêvasser ailleurs. Merci le pouvoir d'achat national.
Quelques semaines plus tard, je vois que les Mash 500 (ou 400 si vous voulez la vérité rien qu'la vérité) sont moins chères et pas si laides. Je vais chez un concessionnaire pour voir la bête. Le type vendait aussi des Royal Enfield et remarque que je bave dessus depuis que je suis entré dans son magasin. "C'est vraiment les Mash qui t'intéressent ?". Un choix économique, mon cher monsieur. Le type me demande alors combien je peux mettre pour la Royal Enfield de mes rêves. Je lui avoue mon budget, indécent mais quand même maximum, il part dans l'arrière boutique. Deux minutes plus tard "Je peux la faire à ce prix exceptionnellement. Spécial étudiant fauché."
Maman, Allah, Buddha, Zeus, Jesus, merci.
Deux jours après, je la fais essayer à mon père qui saura proposer un bilan plus pertinent que le mien et pourra passer la deuxième correctement, lui. "Allez, fais-toi plaisir, c'est une bonne moto et en plus elle est très belle".
Je me lance.
Dans le prochain épisode (ce soir), je vous raconterai mes premiers kilomètres !
Séquence émotion comme dirait Nicolas...
Ça me fait penser aux dialogues des bronzés


