La LCVR est une association de type "loi de 1901". Son objet consiste à intervenir dans le débat (public !) de la sécurité routière. C'est son droit.
Comme dans beaucoup d'associations influentes (et dans ce domaine, elle l'est), il y a ses représentants, plus ou moins médiatisés, leurs déclarations, leur instrumentalisation éventuelle, consentie, consciente ou pas selon le contexte, le moment, les tensions.
Il y a aussi ses adhérents, ses militants, ses bénévoles... souvent des gens pas médiatisés... mais des gens convaincus d'agir, avec des idées qui peuvent être différentes des nôtres, des vécus différents, des pratiques différentes... un "non-motard" aura toujours du mal à comprendre le point de vue d'un motard. Le motard est souvent automobiliste, cycliste occasionnel, piéton toujours et parfois pousseur de poussette d'enfant en route pour la crèche. mais toutes ces catégories de personnes circulant sur la voie publique ne sont pas toujours motardes. Et c'est là toute la différence.
Un des axes essentiel de l'expression de la LCVR à notre encontre (les motards) est constitué par sa rhétorique "anti-vitesse" systématique. La société actuelle étant ce qu'elle est, la LCVR se trouve engagée, conformément à l'objet de son existence, aux modes de pensée fondés sur le "principe de précaution" actuellement en vigueur dans tous les domaines... on en arrive assez vite aux logiques de punitions collectives et de déni de libre-arbitre des citoyens, mais là, j'exprime mon point de vue et je crois que celui de la LCVR sera certainement assez différend.
La LCVR est également axée sur l'idée d'innocence des victimes de la route, et ça aussi, c'est très subjectif. Qui est innocent, à partir de quand, selon quels véhicules, selon quelle pratique devient-on moins "innocent" qu'un autre ? A partir de quand la victime d'un accident est-elle coupable ou d'autant plus innocente qu'elle a été la victime d'un "responsable", voire d'un prédateur ? Un accident, événement multi-factoriel, est-il accidentel ? Quelle est la place des questions sociétales dans la sécurité routière, dans les causes ou conséquences des accidents ? Vaste débat...
Bref, s'intéresser aux questions de sécurité routière peut aussi amener à s'interroger sur la question des libertés publiques.
Pour finir, il me semble que la perception que l'on a de la sécurité routière n'est aucunement liée avec les convictions religieuses ou d'opinion des uns et des autres... je connais des gens très à gauche, des laïcards convaincus et même des Anars qui considèrent que circuler au moyen d'un véhicule constitue une aberration sociale et comportementale, une atteinte intolérable à notre patrimoine naturel et collectif... certains estiment même que l'usage du deux-roues motorisé relève d'un comportement petit-bourgois. Et il est fort possible qu'il puisse se trouver à la LCVR des gens de gauche et des laïcs convaincus.
Pour ma part, je termine en citant Benjamin Franklin qui disait :
"un peuple prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux".