Deuxième leçon
Posté : 02 avr. 2010, 21:41
Deuxième leçon, donc :
Il m’avait dit le Pat (que Dieu tienne notre Vénéré Président en sa Sainte Garde) que son vrai plaisir c’était lorsque le panier levait la patte.
Bon. Vous l’admettrez, au moins par amitié : pour un mec (moi, donc) qui pour sa première expérience fout l’attelage dans un poteau de gauche puis dans un fossé de droite il s’agit-là d’une assertion confinant à l’inimaginable, que dis-je à l’inimaginable : à l’inconcevable, que dis-je à l’inconvevable : à l’extraterrestribable.
Mais mais mais.
Le temps a passé.
Est viendu le moment où le mec (moi encore) s’étant régulièrement farci le chargement de trente kilos de pulvérulent à chaque sortie a fini par se dire : basta, ça suffit, this is enought, das genügt, Это достаточно, je te m’en vas tenter le coup pour voir.
Ça, pour voir…
Faut dire que certains autres copains, habitants d’une galaxie du côté bicylindrique de la puissance brutale de la force, avaient expliqué au mec en question (moi toujours) le fondement dynamique du principe en une phrase simple : « quand ça lève tu accélères, ça colle le panier par terre ».
Bon.
Tu sais ce que c’est, tu as seulement quelques petits kilomètres de virages devant toi, faut pas attendre pour savoir, c’est le moment d’envoyer.
Et puis voilà.
Passe pas une seule bagnole sur c’te p‘tain de route et puis là…
Merd’ merd’ merd’,
Le coup du sort, celui qui t’arrive au moment d’agonie pour te juger, pauvre terrien devant l’Eternel au moment que de paraître devant Sa Sainte Face (que Dieu tienne notre vénéré président etc…) et te montrer l’incertitude (glorieuse mais bon) de ton existence.
Le panier, c’est confirmé, à partir d’une certaine donnée de la force centripète : il se lève.
Mais ce qui se confirme aussi c’est que si tu n’as pas la grosse patate au bout du câble pour en faire tout aussitôt le tour, ben l’histoire des copains (mais ils sont où, hein) elle vaut pas tripette.
Donc, bon. Mettons-nous à la place de l'autre juste un instant : un usager de la route occupant règlementairement la voie réservée à son sens de circulation au volant d’un véhicule répondant aux critères édictés par les lois en cours de validité prend, peinard, le temps de regarder le gars d’en face (toi, enfin moi), d’abord l’air amusé en voyant l’attelage (comme d’hab, pas de quoi s’émouvoir-question-d’habiture-tude) et puis tout à coup se décompose en se disant, à la vitesse intergalactique : ça pass’ pas – ça pass pas. D'un seul coup d'un seul il se serre dans des volutes enfeuillés de bord de chaussée mal entretenus.
Bonne idée pour toi qui ne crois en rien sinon en la nécessité de reposer ab-so-lu-ment c’te p‘tain de roue à laquelle en cet instant suprême est suspendue ta précieuse existence.
Et puis, va savoir, ça passe.
Grâce à un réflexe qui n’a rien à devoir aux leçons des uns et des autres sinon à la lutte que tu menas avec acharnement depuis la précieuse acquisition de l’engin qui te conduisit malgré lui (et une boîte à gauche-frein à droite) à cette extrémité, te voici sauvé pour quelques temps encore, (jusqu’en fait à l’apéro o’clock auquel tu te rendais).
Alors voilà.
Toi qui toujours fis reposer tes principes sur l’idée que l’humanoïde ne devait son évolution verticale qu’à la faculté quasi YvesCopensienne d’avoir acquis un jour son équilibre sur deux pieds, sois fier(re) d’appartenir à une espèce que personne encore n’a songé à circonscrire définitivement par l’analyse et dont l’expérience semble prouver qu’elle est protégée des Dieux (lequel prenne en sa Sainte Garde etc…).
Il m’avait dit le Pat (que Dieu tienne notre Vénéré Président en sa Sainte Garde) que son vrai plaisir c’était lorsque le panier levait la patte.
Bon. Vous l’admettrez, au moins par amitié : pour un mec (moi, donc) qui pour sa première expérience fout l’attelage dans un poteau de gauche puis dans un fossé de droite il s’agit-là d’une assertion confinant à l’inimaginable, que dis-je à l’inimaginable : à l’inconcevable, que dis-je à l’inconvevable : à l’extraterrestribable.
Mais mais mais.
Le temps a passé.
Est viendu le moment où le mec (moi encore) s’étant régulièrement farci le chargement de trente kilos de pulvérulent à chaque sortie a fini par se dire : basta, ça suffit, this is enought, das genügt, Это достаточно, je te m’en vas tenter le coup pour voir.
Ça, pour voir…
Faut dire que certains autres copains, habitants d’une galaxie du côté bicylindrique de la puissance brutale de la force, avaient expliqué au mec en question (moi toujours) le fondement dynamique du principe en une phrase simple : « quand ça lève tu accélères, ça colle le panier par terre ».
Bon.
Tu sais ce que c’est, tu as seulement quelques petits kilomètres de virages devant toi, faut pas attendre pour savoir, c’est le moment d’envoyer.
Et puis voilà.
Passe pas une seule bagnole sur c’te p‘tain de route et puis là…
Merd’ merd’ merd’,
Le coup du sort, celui qui t’arrive au moment d’agonie pour te juger, pauvre terrien devant l’Eternel au moment que de paraître devant Sa Sainte Face (que Dieu tienne notre vénéré président etc…) et te montrer l’incertitude (glorieuse mais bon) de ton existence.
Le panier, c’est confirmé, à partir d’une certaine donnée de la force centripète : il se lève.
Mais ce qui se confirme aussi c’est que si tu n’as pas la grosse patate au bout du câble pour en faire tout aussitôt le tour, ben l’histoire des copains (mais ils sont où, hein) elle vaut pas tripette.
Donc, bon. Mettons-nous à la place de l'autre juste un instant : un usager de la route occupant règlementairement la voie réservée à son sens de circulation au volant d’un véhicule répondant aux critères édictés par les lois en cours de validité prend, peinard, le temps de regarder le gars d’en face (toi, enfin moi), d’abord l’air amusé en voyant l’attelage (comme d’hab, pas de quoi s’émouvoir-question-d’habiture-tude) et puis tout à coup se décompose en se disant, à la vitesse intergalactique : ça pass’ pas – ça pass pas. D'un seul coup d'un seul il se serre dans des volutes enfeuillés de bord de chaussée mal entretenus.
Bonne idée pour toi qui ne crois en rien sinon en la nécessité de reposer ab-so-lu-ment c’te p‘tain de roue à laquelle en cet instant suprême est suspendue ta précieuse existence.
Et puis, va savoir, ça passe.
Grâce à un réflexe qui n’a rien à devoir aux leçons des uns et des autres sinon à la lutte que tu menas avec acharnement depuis la précieuse acquisition de l’engin qui te conduisit malgré lui (et une boîte à gauche-frein à droite) à cette extrémité, te voici sauvé pour quelques temps encore, (jusqu’en fait à l’apéro o’clock auquel tu te rendais).
Alors voilà.
Toi qui toujours fis reposer tes principes sur l’idée que l’humanoïde ne devait son évolution verticale qu’à la faculté quasi YvesCopensienne d’avoir acquis un jour son équilibre sur deux pieds, sois fier(re) d’appartenir à une espèce que personne encore n’a songé à circonscrire définitivement par l’analyse et dont l’expérience semble prouver qu’elle est protégée des Dieux (lequel prenne en sa Sainte Garde etc…).

