lors du rassemblement, vous allez certainement vous retrouver à rouler en groupe... y'en qui disent "en convoi", d'autres qui disent "en paquet".
Peu importe... sachez seulement que ce n'est pas parce qu'on ne roule pas vite que ce n'est pas dangereux.
En fait, c'est assez dangereux, même si la vitesse n'est pas très élevée. C'est le risque de collision à plusieurs qui est élevé, parce qu'on se suit, parce qu'on roule trop près les uns des autres, parce que des phénomènes d'émulation apparaissent parfois, parce qu'on se laisse "guider" et fatalement, on risque de se faire surprendre sur un freinage, un virage aveugle, un arrêt soudain d'un copain ou d'une partie du groupe.
Alors pour éviter, y'a une méthode simple : scinder la bande en petit groupes, quatre à cinq motos maxi.
Et dans chaque groupe, le mieux est de rouler en quinconce, en décalé si vous préférez... mais jamais en file indienne. Le placement en décalé permet de resserrer le groupe sans se coller de trop près. Ça permet aussi de former un groupe compact dans lequel les autos plus rapides ne tentent pas de s'insérer en force... et si c'est la cas (y'a des imbéciles, parfois), le placement en groupe évite justement de cartonner en paquet, de faire un "strike".
En approche de virages serrés, on laisse le groupe se "déformer" (grosse prise d'inter-distances) pour que chacun passe le virage "seul", à son rythme, à sa main, comme il le sent.
La méthode du roulage en groupe consiste à mettre en premier celui qui sait où l'on va. Ce premier va rouler plutôt à gauche de sa voie, pour "occuper" le terrain et signaler la présence du groupe aux autres véhicules arrivant d'en face. Lui, il doit absolument rouler en feu de croisement, pour être vu des véhicules arrivant en face. En deuxième, on met le plus lent (motos moins puissante ou fragile, débutant, etc...) et il serrera la droite. Le premier va calquer son rythme sur le deuxième, en le surveillant dans ses rétroviseurs. En troisième et quatrième, peu importe, mais ils se placent en décalé aussi. En dernier, c'est le "serre-file". C'est le motard le plus expérimenté. Il ferme la marche en roulant au milieu de la voie et sa présence signale le groupe aux automobilistes arrivant derrière (c'est mieux si sa moto est muni d'un feu arrière et surtout d'un feu stop et de clignotant). Le serre-file doit aussi savoir où l'on va, ou du moins savoir rejoindre les autres au cas où le groupe se sépare.
Si un membre du groupe est contraint à un arrêt immédiat, il stoppe à droite, les autres le doublent sans s'arrêter. Seul le serre-file s'arrête devant lui, demande si ça va, lui dit d'attendre et double ensuite tout le groupe pour signaler au guide qui est en tête qu'un copain est arrêté derrière. Le groupe s'arrêtera alors à l'initiative du guide, dans un endroit en sécurité, là où il y a de la place. En s'arrêtant, on va stationner en avant des autres et ainsi de suite.
Si un membre du groupe passe en "réserve" de carburant, il déboîte dès qu'il peut, remonte le groupe et signale, pouce baissé vers son réservoir qu'il a besoin d'essence. Le guide fait signe qu'il a compris, il sera attentif à la première station service où tout le monde s'arrêtera. Le gars "en réserve" peut alors prendre la seconde place ou aussi reprendre sa place "normale" dans le groupe.
Un peu comme au rugby où l'on passe vers l'arrière, le roulage en groupe nécessite que l'on surveille celui qui est derrière soi, et ainsi de suite. On ne suit pas celui de devant, on devance celui qui est derrière, c'est pas tout-à-fait pareil.
Le plus gros danger à éviter, c'est l'arrêt en paquet au bord de la route en restant sur la route. Là où il y a de la place pour un, y'en n'a pas forcément pour ceux qui sont derrière. Le risque, c'est d'être percutés par un véhicule arrivant derrière et qui va être surpris.
N'oubliez pas qu'un groupe de motos peut impressionner des automobilistes qui ne savent plus quoi faire en leur présence et aussi gêner des poids-lourds.
N'oubliez pas qu'une incompréhension peut générer de la méfiance, voire même un rejet et c'est sur toute "la famille des motards" que retombera le préjudice de "mauvaise image perçue"... avec les conséquences qui finissent par arriver, comme les menaces d'interdiction de certaines routes, notamment dans les Vosges, surtout sur la fameuse "Route des crêtes".
C'est pas le Tour-de-France, aucune loi ne vous autorise à bloquer les carrefours. Si dans une agglomération une partie du groupe passe au feu vert et que le feu passe à l'orange puis au rouge pour les suivants, c'est pas grave. Comme ceux qui se sont passés se surveillent d'arrière en arrière, ils s’arrêteront plus loin pour attendre les copains.
En cas de changement de direction (croisements à voies multiples), le guide signale (clignotants ou bras tendu) par avance la direction à suivre et si ça ne suit pas, il s'arrête à l'entrée de la voie à prendre, en se plaçant de manière à rester en vue de son suivant... si le groupe suit, on continue. Si ça ne suit pas, on laisse passer ceux qui arrivent, le guide rattrapera le groupe à la fin.
Si en cas de croisements à voies multiples, la route à suivre c'est "tout droit sur la route principale", on ralenti un peu, mais pas besoin de s'arrêter, les suivants savent d'avance que c'est "tout droit sur la route principale".
Si y'en a un qui pète les plombs et qui veut tester sa garde au sol, son piston forgé ou ses pneus super-grip, il déboîte en sécurité et il file loin devant. Il s'amusera tout seul le temps qu'il faudra... mais vaut mieux qu'il soit devant que derrière... ça permettra de le ramasser en cas de pelle... ou de ramasser ses bouts de motos, ses boulons, son pot, son sac...
Pour les side-car, vaut mieux qu'ils roulent seuls, entre-eux ou dans leur coin. Normalement, ils sont au moins deux par attelage, ils ont la carte routière et de la place pour emporter des vivres en cas où ils se perdent en pleine pampa.
M'enfin vaut mieux pas les mêler au groupe de motos solo... un side-car a ses propres réactions et là encore, mieux vaut leur éviter des surprises, des écarts soudains.
Un briefing du groupe avant chaque départ permettra de rappeler ses consignes de bon sens.
Dernière astuce : durant les longs roulage pour rejoindre le rassemblement, éteignez vos téléphones portables, de toute façon ça ne sert à rien pendant qu'on roule. Mais surtout, vous économiserez vos batteries... un téléphone bien chargé, c'est mieux en cas de pépin, de panne... "allo, Inter-assistance, bonjour. Veuillez nous communiquez votre numéro de police d'assurance... merci, ne quittez pas, je vous mets en relation avec un dépanneur..." (ça peut prendre 5 à 10 mn à rester en ligne, de quoi épuiser un téléphone à moitié déchargé).
Bonne route.







