Messagepar Marco » 08 mars 2023, 12:20
Salut,
pour comprendre l'absurdité actuelle des ZFE et la fin annoncée des moteurs à pétrole, faut se replacer dans le contexte de ces dix dernières années :
Au départ, il s'agit d'alertes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l'exposition des populations urbaines aux micro-particules dues aux véhicules diesel en forte augmentation.
L'UE décrète alors des seuils d'exposition admissibles... les villes ou pays qui les dépassent payeront de fortes amendes, à moins de prendre des mesures ou de "prononcer" des mesures. La mesure la + simple, en théorie, consiste à limiter le nombre de véhicules en circulation, avec contraintes fortes sur le diesel désigné comme "pas propre", le scandale VW (le "diesel-gate"et leurs logiciels truqueurs pour l'homologation) y a contribué.
Nous sommes alors dans un contexte de "santé publique".
En France, les technocrates lancent les ZAPA (zones d'action prioritaires pour l'atmosphère) en 2011 et 35 communautés d'agglo (en gros, ça concerne 1/4 de la population française) se déclarent candidates à l'application du plan.
Comment, ça on ne sait pas trop, l'essentiel pour les élus étant de se déclarer "candidat", donc de se montrer soucieux de santé publique et de faire copains avec les écolos dans un cadre électoraliste... les déclarations et les voeux d'intention d'abord, pour les modalités, on verra plus tard.
La machine s'emballe : entre-temps, la mise en place du plan "Écotaxe" qui consiste à taxer le fret poids-lourds pour des motifs écolos (taxes devant être reversées au financement des énergies "alternatives", principe "pollueur-payeur" suite au Protocole de Kyoto de 1997 pour réduire les émissions polluantes) va capoter en 2013, en Bretagne, région cul-de-sac (pas une zone de transit) où le fret PL implique l'économie de la région : ça déclenche la révolte des Bonnets rouges, les portiques sont mis à bas, les routes bloquées et l'État rétropédale... fin de l'Écotaxe, contrats non respectés, remboursements à la société italienne prestataire, argent public perdu, bref un gâchis !
Comme il faut trouver une porte de sortie et envoyer des signaux à l'UE tout en faisant croire qu'on va appliquer les résolutions des COP qui se succèdent, Ségolène Royal, alors ministre de l'écologie nommé en 2014 lance le projet Crit'Air qui classe les véhicules selon leurs niveaux d'émission polluantes, les socialistes de gouvernement et leurs copains écolos se rabattent sur le dispositif Crit'Air et lancent les ZCR (zones à circulation restreintes") qui démarrent à Paris (laboratoire des restrictions) en juillet 2016.
Le discours change... parti de questions sur la santé publique (micros-particules en ville), il s'agit désormais de "sauver la planète" et le climat qui se dérègle... donc, haro sur la bagnole. Bin oui, c'est plus facile de culpabiliser les usagers que de légiférer sur les pesticides, l'agriculture intensive, l'abandon du transport ferré de proximité, la raréfaction des services publics en milieu rural et autres renoncements auxquels des décennies de gouvernements de droite et de fausse gauche (les socialistes) se sont attelés, tout à leur logique de "mise en concurrence", de "marché" et d'abandons de la puissance publique au secteur privé. C'est assez logique puisque les grands "commis de l'État" font des aller/retours incessants entre ministères, groupes publics et groupes privés : ils sont copains, ils sortent des mêmes promotions des mêmes écoles (Ena, X, les Ponts...), ils se partagent les mêmes carnets d'adresses, les mêmes agendas, les mêmes loisirs. Ils s'entendent donc très bien pour continuer à mener les mêmes politiques qui conduisent au mêmes dégâts sur l'Environnement, tout en gardant leurs places d'élus, de ministres ou de dirigeants de grandes entreprises.
Mais comme le sigle "ZCR" sent un peu trop le côté restrictif sous les bras, on le change en ZFE, "zones à faibles émissions", c'est plus joli, plus rassurant.
Et puis ça plait aux écolos qui prennent du poids dans les compétions électorales, tous veulent les avoir dans leur propre camp.
Dès lors les discours se déplacent sur le champ "moral" : t'es pour la planète ou t'es contre, t'as une voiture "propre" ou une voiture "polluante" (hou, le vilain pas beau !).
Tout ça arrange évidemment les constructeurs de bagnoles français qui comptent bien rattraper leurs leaderships perdus au profit des Chinois sur le marché prometteur de la bagnole électrique, d'autant que le prix élevé de ces véhicules peut être compensé (pour ceux qui ont déjà les moyens) par des aides publiques... et où prend t'on l'argent ? Bin dans nos poches, à nous les pauv' cons à qui on interdit déjà nos vieilles bagnoles.
Les constructeurs de bagnoles, Goshn, Tavarès et consorts se frottent les mains : par ici la monnaie ! Les ZFE vont booster leurs affaires, leurs usines (pour la plupart déjà délocalisées au Misèristan oriental) vont tourner et pour celles qui restent en France, les syndicalistes vont se calmer puisque le boulot repart. Vive les ZFE !
Mais entre-temps, y'a eu les Gilets-jaunes qui ont fait flipper la bande à Croncron 1er, le Covid, la guerre en Ukraine et l'inflation sur les prix... si on y ajoute le refus de la réforme des retraites, ça commence à faire beaucoup, donc, les verbalisations annoncées pour les ZFE qui s'étendent désormais à toutes les grandes villes sont "repoussées".
Et pour nous, les motards ? Bin pour l'instant, c'est mort : les motos sont traitées comme les bagnoles, on se va se manger un CT (dont un des objectifs principaux, pour l'État français, consiste à épurer le parc en dégageant les vielles motos), le stationnement payant en ville va s'étendre, à l'image de Paris (toujours le laboratoire des restrictions) et en plus, moins de motos = moins de victimes pour les bilans annuels de la sécurité rentière.
Je suis la mauvaise herbe, c'est pas moi qu'on rumine et c'est pas moi qu'on met en gerbe, je suis la mauvaise herbe, je pousse en liberté dans les jardins mal fréquentés. (G. Brassens)
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