Skyranger a écrit :Fab on s'est assez baladés en moto pour savoir qu'en France on n'en manque pas de forêts, zones d'alpages et autres terrains agricole.
Par contre la désertification des campagnes, plus de boulot, plus de commerces, plus de médecins, plus de services publics, des villages quasi à l'abandon ...
Quand on fait nos petites sorties on galère souvent à trouver une boulangerie ou une boucherie, et quand il y en a elles sont de plus en plus ouvertes que le matin.
La désindustrialisation du pays a été sciemment entreprise, dans un grand consensus mou de tous les politiques, depuis 1975-1980. Il s'agissait de petites entreprises industrielles de tous secteurs (métallurgie, textile, plastiques, etc.) de 10 à 100 salariés, installées depuis des décennies près des petites villes et à la campagne, qui faisaient vivre des régions entières. Ces industries, souvent créées après 1945 ont servi pour absorber l'énorme quantité de "bras" venant de l'agriculture, et qui se trouvaient sans emploi avec la modernisation accélérée de nos fermes. Le grandes entreprises, au même moment, elles, affrétaient des charters en Afrique du Nord pour remplir ses usines...
Ces petites entreprises industrielles ont pour la plupart disparu de nos régions après 40 ou 50 ans de "coups de boutoir". Il fallait laisser la Chine devenir "l'atelier du monde" (aux USA, ils ont cru aussi à ça...), en laissant les portes grandes ouvertes à l'importation massive de produits chinois fabriqués avec de la main d'oeuvre à 1 franc de l'heure pour 16 heures de travail par jour. Evidemment, les produits étaient beaucoup - beaucoup - moins chers, et on s'est rué dessus...Et nous, il nous resterait les services, le tourisme, bref les activités "nobles", non salissantes, et non "aliénantes"...
On voit le résultat : Comme le constate Skyranger, la vie sociale a disparu de ces villages et petites villes, et il ne reste plus que des allocataires du RSA et quelques retraités. Dans les très grandes villes, par contre, tout va bien pour leurs habitants qui se permettent de donner des leçons pour sauver la planète, avec le vélo, la trotinette, les livraisons Uber Eat, et le smartphone...et de confortables rémunérations dans les médias, la banque, l'assurance, l'enseignement, la fonction publique des ministères et des agences publiques, etc.
On a donc sacrifié délibérèment et sciemment deux tiers de la population, la plupart installées dans nos régions, peu formée, peu mobile, qui "travaillait à l'usine" (comme on disait alors) mais qui faisait vivre, en gagnant sa vie de son travail, tout un système local (les boulangeries, les boucheries, les services publics, les médecins, comme le rappelle Skyranger), qui, pour le coup, était quand même bien plus "écolo" (circuits courts, etc.) que le système mondialisé actuel...
C'est bizarre, quand il n'y a plus d'industrie, il n'y a plus de vie...Quand on voit les discours édifiants de nos gouvernants (depuis les années 2005 environ) pour appeler à la "réindustrialisation" ou à la "relocalisation", on peut se dire que mieux vaut tard que jamais...Mais c'est quand même bien tard !
