Une association de passionnés de vélos anciens y participait. C'est surtout pour eux que je me suis déplacé.
Je ne vous saoulerai pas avec les photos de grand-bi et autres vélos randonneurs des années 50 à 70.
En revanche il y avait un vélo assez rare et très intéressant techniquement, que je voulais vous présenter.
Un Terrot Lévocyclette de 1911.

Les pneus sont des modèles de VTC (dommage), et la selle provient d'une moto.
Lanterne à bougie en suif.

La transmission est assurée par un système assez complexe, à 3 chaines.
Au lieu de tourner, les manivelles oscillent en restant presque à l'horizontale.
Un toute petite vidéo prise avec mon téléphone, juste pour visualiser le mouvement.
Ce système présente l'avantage d'assurer un couple de pédalage très régulier, car on n'attend pas que la pédale fasse un tour complet et remonte avant de ré-appuyer dessus.

Un ingénieux système de barres crantées permet de changer de développement, selon le relief de la route.
les dix vitesses sont sélectionnables depuis le guidon, par une manette tournante. Nous sommes en 1911 !
Cette manette actionne par câbles un système de cames à cliquet. Lorsque la barre crantée part en arrière, la chaine n'est plus en tension, et la came fait monter ou descendre le point d'encrage de la chaine.

Encore un détail intéressant, les deux pignons (qui n'en sont pas) on un profil elliptique.
Ce qui permet d'avoir un couple plus important au début de la pression sur la manivelle (diam. plus grand du pignon), et d'avoir plus d'allonge vers la fin de la course de la manivelle.

La troisième chaine (en-dessous) sert à faire revenir en arrière la roue libre d'un côté, pendant que l'autre tourne vers l'avant.
Les deux roues libres sont à galets. Complétement silencieux contrairement aux cliquets d'aujourd'hui.


Au-delà de l'aspect technique, il y a l'aspect historique qui m'intéresse au moins tout autant.
Le propriétaire a hérité ce Lévocyclette Terrot de son père, qui l'avait acheté d'occasion sous l'occupation.
A l'époque, les Allemands réquisitionnaient les vélos à Paris. Ce modèle était tellement étrange à utiliser et entretenir, que les Allemands n'en ont pas voulu.
Ci-dessous une photo du certificat d'immatriculation d'époque, ainsi qu'un courrier de l'usine attestant le modèle et l'année de fabrication.
Le père du propriétaire actuel recherchait de la documentation sur ce vélo qui avait déjà 30 ans au moment de l'achat.
(Cliquez sur la photo pour l'agrandir et lire les docs)

Autre anecdote intéressante, cette attestation des Automobiles Delahaye, indiquant que le propriétaire du vélo était employé comme conducteur metteur au point, et qu'il utilisait cette bicyclette comme moyen de transport pour se rendre à l'usine.
Une sorte de laissez-passer.

Tout ça juste pour confirmer qu'en matière de technique automobile, moto ou même vélo, on n'a plus rien inventé depuis les années 1920 en gros. :721571.gif:
=> http://brevetfrance9710240.wifeo.com/la ... clette.php


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