Cher oncle Jacques,
pour répondre à tes questions…
Sur tous les modèles de 2 CV, les vilos étaient montés sur paliers lisses anti-friction. Pour les tourillons, ils reposaient dans des demi-coquilles (coussinets) piontées dans les 2 demi-carters en alu formant le carter moteur principal. Pour les manetons, ils étaient assemblés à la construction, dans les bielles fermées sans chapeau démontable, lors de l'assemblage du vilebrequin (donc de type assemblé) sous azote liquide (-180°, je crois). Les embiellages n'étaient donc pas démontables, en tout cas pas dans un atelier de mécanique normal. C'est pour ça que le remplacement complet de l'embiellage était prévu en "échange standard".
Pour ce qui est des puissances d'origine de ces moteurs, les premiers modèles en 375 cm3 (1949-1959) développaient 9 ch Dyn. Les 425 cm3 fabriqués entre 1954 et 1961 "sortaient" 12 ch. Puis, à partir des modèles 1961, les 425 ont été poussés à 18 ch, grâce à des soupapes plus grosses, un carbu qui passait de 26 à 28 mm et des masses de vilo plus volumineuses, pour favoriser le couple. Les rapports de BV ont été revus en conséquence (je n'ai pas les valeurs précises, je cite tout ça de mémoire).
Au cours des années '60, un nouveau moteur a été élaboré en 602 cm3 pour motoriser l'Ami 6 et, pendant peu de temps, la 2 CV Azam 6. C'est de ce moteur que sont issus de nouveaux 602 cm3 apparus en 1970 pour les 2 CV 6. Ces dernières ont dévelloppé 32 ch, avant d'être redescendues à 29 ch dans les années '80 pour cause de normes anti-pollution. Parallèlement, les 2 CV 4 ont été équipées d'un moteur de 435 cm3 d'environ 22 ch. Concernant les 2 CV 6, il y a eu des variations de puisssance mineures, selon le poids des volants moteur et des carbus, à simple ou double corps. Pendant ce temps, le 602 apparu en 1970 a évolué pour motoriser l'Ami 8, puis les Dyane. Il a été poussé à 35 ch grâce à un taux de compression de 9 à 1 (8,5 à 1 sur les Deuches) et une admission par air pulsé (de la turbine de refroidissement au filtre à air, via une durit). Ce moteur a terminé sa carrière au cours des années '80 sous le capot de l'Acadiane et de la Méhari 4X4.
L'ultime évolution du petit bicylindre refroidi "par air forcé" concerne les LNA et Visa, en 35 ch également. Porté à 652 cm3 et avec un taux de compression de 9,5 à 1 pour les derniers modèles, ses cylindres étaient en alu chemisé au nickel-silicium (Nikasil). L'allumage était à CDI intégral et le vilebrequin, sans renier son principe d'assemblage de type embiellage sur vilo assemblé, avec toujours les deux bielles accollées sur le même maneton, tournait sur 3 paliers, au lieu de 2 pour tous les autres à cylindres fonte évoqués précedemment. Ce 652 cm3 a également équipé l'A 4X4 (sorte de super-Méhari tolée, une commande militaire qui n'a pas dépassé les 50 exemplaires. La Katar (une 4X4 artisanale produite en petite série par une PME) a aussi bénéficié de ce moteur. Et pour ceux qui aiment le kaki (kaki dehors, caca dedans, comme dit l'ami Jacky paraphrasant Coluche); le 652 cm3 de la LNA-Visa a servi de moteur auxiliaire pour fournir la puissance énergétique (hydraulique et électrique) dans les chars d'artillerie, les 155 AU-F1 élaborés sur la base du châssis de l'AMX-30. Il était enfermé dans un compartiment situé sur la plage avant, à droite du pilote.
Bien lubrifié et grâce à son réfrigérateur d'huile, un vilo de deuche est quasiment incassable, sauf si on néglige le niveau et la qualité de l'huile. Le problème, c'est qu'avec l'usure, le moteur "bouffe" de plus en plus d'huile, jusqu'à ce que le niveau soit insuffisant, où tout aussi pire, qu'il soit réajusté avec de l'huile neuve sans vidanger la vieille huile restante. Et comme l'apparition du filtre à huile à cartouche n'apparait qu'au début des années '70… les mécanos devaient souvent ouvrir les moteurs pour tout refaire à neuf !
Pour se figurer le rendement extraordinaire de cette petite merveille, il suffit de se rappeller qu'une 2CV 6 (602 cm3) d'environ 600 kg roule indéfiniment, à fond, avec 4 personnes à bord, à 95-100 km/h en plat.
À comparer avec les moteurs de motos… les nôtres, par exemple !
Notez aussi que, grâce à la qualité et à la précision d'usinage, tous ces moteurs (de 375 à 602 cm3) étaient montés sans joints de culasse ni joint d'embase.
Bref, la mécanique de la 2 CV est simple, mais pas simpliste… Nuance !
En 41 ans d'existence (1949-1990), la 2 CV a doublé sa vitesse de pointe et triplé sa puissance… Ce petit flat-twin, finalement élaboré sous la forme que nous connaissons pendant et après la guerre de 39-45, est l'œuvre du motoriste Walter Becchia. L'histoire raconte qu'il aurait, à la fin des années '30, été inspiré par le flat-twin de la BMW de Flaminio Bertoni, styliste de la Traction et de la 2CV, l'homme qui sculptait ses maquettes de voitures dans la glaise.
Voilà voilà, Tonton. J'espère avoir répondu à tes questions et ravivé tes souvenirs. C'est qu'on a pas toujours le plaisir, l'honneur et l'avantage de causer boulons avec un gars qu'a vu copuler des mamouths !
En toute irréverence qui n'obère néanmoins pas la sympathie,
Marco
Encore de la deudeuche !
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lesmotocyclettes
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Jackymoto
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Visa pour la moto!
Voui!!c'etait un moteur de visa que les cons-sessionaires Citroen refusaient
souvent de reparer sous pretexte qu'il était sur une moto.L'agent et
copain de l'avenue Baudin,à Limoges,en utilise une, en compagnie de sa Guzzi mais il faisait partie de la minorité qui les reparait!!
souvent de reparer sous pretexte qu'il était sur une moto.L'agent et
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JacquesD
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He bé ! J'en ai appris plus sur les deuch en te lisant que durant des dizaine d'années de mécanique.
Les vilos étaient costauds, mais des gros bras arrivaient à les decentrer en frappant au marteau sur la clé pour dévisser le boulon central du ventilo. Un arpète à coulé un moteur (indirectement) il avait lavé les pièces du moteur démonté par l'ouvrier, celui-ci avait déposé l'arbre à cames complet en laissant la pompe à huile emmanchée dessus (ce qui pour moi est une erreur, il faut tout virer pour tout nettoyer et tout contrôler) en lavant les pièces, l'arpète a démanché la pompe à huile et l'a replacée de suite sans s'apercevoir que la clavette du rotor de pompe était tombée, la pompe a débité un peu puisque au contrôle l'huile arrivait aux culbuteurs, mais lorsque le client à roulé vite sur la route, le rotor a patiné et le moteur a coulé.
Une autre fois sur une LNA ?? ou VISA le moteur ne tenait pas le ralenti et calait au dessous de 2000 tr/mn j'ai cru que le capteur d'allumage de bas régime était naze, mais je me suis aperçu au stroboscope que l'allumage continuait jusqu'à l'arrêt complet, le fait d'intervertir les capteurs n'a rien changé. J'ai ensuite trouvé que la manchette caoutchouc qui permet aux deux parties du collecteur d'admission de se dilater était craquée car durcie par l'usage, ce truc ne coûte que quelques €uros (le moteur avait été remplacé en achange standard, et comme d'habitude, les pièces d'usure des moteurs ne sont pas changées, les roulements d'alternateur, les courroies, les durites, ensuite tout cela lâche petit à petit, les gens qui n'y connaissent rien se lassent et finissent par changer le véhicule.
Les vilos étaient costauds, mais des gros bras arrivaient à les decentrer en frappant au marteau sur la clé pour dévisser le boulon central du ventilo. Un arpète à coulé un moteur (indirectement) il avait lavé les pièces du moteur démonté par l'ouvrier, celui-ci avait déposé l'arbre à cames complet en laissant la pompe à huile emmanchée dessus (ce qui pour moi est une erreur, il faut tout virer pour tout nettoyer et tout contrôler) en lavant les pièces, l'arpète a démanché la pompe à huile et l'a replacée de suite sans s'apercevoir que la clavette du rotor de pompe était tombée, la pompe a débité un peu puisque au contrôle l'huile arrivait aux culbuteurs, mais lorsque le client à roulé vite sur la route, le rotor a patiné et le moteur a coulé.
Une autre fois sur une LNA ?? ou VISA le moteur ne tenait pas le ralenti et calait au dessous de 2000 tr/mn j'ai cru que le capteur d'allumage de bas régime était naze, mais je me suis aperçu au stroboscope que l'allumage continuait jusqu'à l'arrêt complet, le fait d'intervertir les capteurs n'a rien changé. J'ai ensuite trouvé que la manchette caoutchouc qui permet aux deux parties du collecteur d'admission de se dilater était craquée car durcie par l'usage, ce truc ne coûte que quelques €uros (le moteur avait été remplacé en achange standard, et comme d'habitude, les pièces d'usure des moteurs ne sont pas changées, les roulements d'alternateur, les courroies, les durites, ensuite tout cela lâche petit à petit, les gens qui n'y connaissent rien se lassent et finissent par changer le véhicule.
JacquesD
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JacquesD
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Marco,
En relisant la fin de ton long message, je vois que tu en profites pour me traiter de dinosaure pour ne pas dire de fossile, mais tu le fais avec tellement de gentillesse en faisant allusion à la copulation des mamouths que je te pardonne volontiers. (S'il y a de nouveaux venus qui nous lisent ils vont croire que nous avons fumé la moquette).
En relisant la fin de ton long message, je vois que tu en profites pour me traiter de dinosaure pour ne pas dire de fossile, mais tu le fais avec tellement de gentillesse en faisant allusion à la copulation des mamouths que je te pardonne volontiers. (S'il y a de nouveaux venus qui nous lisent ils vont croire que nous avons fumé la moquette).
JacquesD
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Marco
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2 CV
Alors je peux raconter n'importe quelle connerie, vous ne la relevez même pas ! À quoi ça sert que j'use mon ordinateur à écrire sur ce forum plutôt que de remettre sans cesse à plus tard le boulot qui n'est jamais terminé ?
J'ai écris que sur le vilo des 2CV, les deux bielles étaient accolées sur le même maneton… Je devais sans doute penser à ma Guzzi !
Évidemment, sur le bicylindre à deux pistons opposés, les deux manetons supportant les bielles sont décalées à 180°. Donc, les deux pistons montent et descendent en même temps…
Mais vous aurez rectifié par vous-mêmes !
P'têt' qu'il est temps que j'aille faire dodo (pour le turbin, on verra ça demain).
Bonne nuitée, les petiots !
Marco
J'ai écris que sur le vilo des 2CV, les deux bielles étaient accolées sur le même maneton… Je devais sans doute penser à ma Guzzi !
Évidemment, sur le bicylindre à deux pistons opposés, les deux manetons supportant les bielles sont décalées à 180°. Donc, les deux pistons montent et descendent en même temps…
Mais vous aurez rectifié par vous-mêmes !
P'têt' qu'il est temps que j'aille faire dodo (pour le turbin, on verra ça demain).
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francis ouaibmastair
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