Le point d'orgue de ces quelques écoutes est indiscutablement celle de ce Wilson Audio WAMM


et contrairement aux usines à gaz quelquefois nécessaires pour faire fonctionner des enceintes (comme les Nautilus par exemple) un "simple" ampli suffit,
un vieux Goldmund Mimesis 9 un truc des années 90

grosse crise de nostalgie pour moi qui en ai possédé un exemplaire dont je me suis séparé à l'époque (quel con) la seule différence est que le mien était équipé des modules A2 et pas celui-ci qui était en A1.
Mais preuve est faite que même une bonne trentaine d'années plus tard les appareils bien nés sont toujours de réelles réussites
cette bestiole pèse dans les 70 kg, mon dos s'en rappelle encore lorsqu'il s'agissait de le manipuler
il s'agit ni plus ni moins de l'exemplaire du WAMM qui trôna fut un temps chez Hi Fi Station 2001 à Fontenay Mauvoisin

ce système d'enceinte est composé des deux potences visibles et des caissons de grave en arrière plan.
Le gars qui l'a récupérée a fait un gros boulot de remise à niveau, car à l'origine c'est un modèle plus ancien qui a été upgradé en version 7,
c'est l'avant dernière car la dernière c'est la 7A qui est en corian au lieu du multiplis traditionnel et il y en un seul exemplaire je crois sur un total de 54 WAMM produits.
On a donc deux caissons d'infra grave équipés dans cette version de deux Magnat de 46 cm en bass reflex (un seul fonctionnait car le second est allé se faire refaire la suspension)
et l'élément au premier plan qui est le caisson de grave avec deux 25 ovales de chez Kef (en charge close) deux petits satellites médium-aigu en corian disposés en d'appolito autour de cet espèce d'écran de télé noir qui est le tweeter qui embarque 9 cellules électrostatiques Jenszen.
Il n'y a donc qu'un seul ampli dans cette installation, mais traditionnellement Wilson fournissait filtre et équaliser, bien évidemment virés par mon pote
il utilise un programme informatique qui lui permet de traiter le signal numérique directement du streaming et de choisir les fréquences de coupure, les pentes etc ... le signal part ensuite sur un petit préamp numérique maison constitué d'une carte et de quelques composants (qui est appelé à évoluer)
le signal part ensuite sur un converto numérique/analogique et arrive sur l'ampli.
Tout se pilote donc depuis l'ordi et une télécommande pour le volume numérique du préamp.
Alors l'écoute ...
C'est exceptionnel, vraiment remarquable,
la stabilité et la précision de l'image sonore sont impressionnantes
il n'y a pas de typage de son.
On peut écouter "Le temps passé" de Jonasz ou "Stimela" de Masekela enregistrés en live à un volume de concert sans la moindre fatigue ni agressivité,
aucune compression de dynamique, des écarts de niveau dingues, un infra grave qui ne se manifeste que lorsqu'il y a de l'infra grave.
Les voix ont un taille réaliste, pas deux mètres carrés, Shirley Horn sur "Yesterday" est remarquablement présente.
Le "kholn Concert" de Jarret peut être écouté comme si on était au fond de la salle, et en montant le niveau le piano ne grossit pas démesurément, on s'en rapproche tout simplement, mais dans tous les cas on a un piano qui reste stable sur la scène et qui se balade pas en fonction du niveau.
Les timbres sont naturels, c'est moins décortiqué que certaines écoutes "pignole" actuelles mais il y a un savant dosage de précision tout en maintenant une parfaite intégration des registres, et si on ferme les yeux ces grosses bestioles disparaissent totalement, on ne localise pas la source émissive et pourtant la salle de jeu du copain n'est pas immense et on n'est pas à 10 mètres des enceintes.
On comprend pourquoi feu David Wilson avait cassé la baraque et ces trucs des années 90 mettent une bonne branlée à bien des systèmes actuels fort chers et prétentieux.
Fin de ces quelques séances d'il y a dix jours.
