Ordure je ne sais pas trop, il était un peu maquereau, l'histoire de l'Algérie commençait à très mal se passer avec des éclaboussures en métropole, il avait été un peu de tous les côtés entre 1940 et 44. Il y avait eu un gros scandale local de détournement de mineur (dont un s'était suicidé avec le fusil de son père).
Agen était également une ville ouverte, il y avait plusieurs villes de ce genre en France où les interdits de séjour d'autres régions pouvaient résider, à condition de pointer tous les "X" jours au commissariat ou à la gendarmerie. Il devait y avoir une sacré pègre qui trainait en ville, mais on pouvait se promener la nuit sans se faire détrousser. "Ces messieurs" n'emmerdaient pas les caves.
J'étais arpète dans un garage et j'entendais les conversations entre le patron et certains clients.
Un jour le patron disait avoir entendu une nuit du bruit de colleurs d'affiches et avait vu des ombres au travers des verres cathédrale de la porte.
Il a dit : j'ai armé a deux reprises la culasse de mon pétard et tout le monde a décampé. Comme c'était un gros hâbleur tout le monde rigolait.
Quelques temps après en lavant le ciment du devant de porte au jet, j'ai délogé de la terre d'une fissure et ai récupéré une cartouche de calibre 45.
Pour une fois il n'avait pas exagéré, la cartouche était bien brillante et bonne, puisque après avoir retiré l'ogive et la poudre j'ai fait péter l'amorce avec un pointeau.
J'ai plus tard trouvé une boîte de 50 cartouches de ce calibre qu'il avait planquée dans un casier de vieux rogatons.
Les vieux n'étaient pas tristes, certains jouaient aux boules, mais d'autres jouaient aux cons.
