Messagepar Marco » 31 juil. 2007, 13:08
Fab', camarades Bulletistes,
le carbu, faut pas s'en faire une montagne : c'est aussi simple qu'une châsse d'eau. Une châsse d'eau dans laquel seraient organisés des courants d'air. Y'a un robinet d'arrivée (au réservoir), une cuve à niveau constant (flotteur qui commande la fermeture, avec un pointeau sur un carbu et un siège-clapet en caoutchouc dans une châsse d'eau).
Après, ça fonctionne sur le principe d'une dépression (la descente du piston, via la soupape d'admission et le conduit du même nom) qui s'accélère dans une buse (intérieur du corps du carbu de forme étranglée=effet venturi=accéleration du flux, principe du courant d'air) où l'air provoque une aspiration de goutelettes d'essence que le tube percé de trous-trous (tube d'ajutage d'automaticité, en langage technico-savant) permet de calibrer selon un rapport théorique de : 1g d'essence pour 15g d'air. Plus tu accélères, plus le boisseau se lève, dégageant la buse (corps principal du carbu) et provoquant une dépression de plus en plus accélérée, donc d'un passage d'air de plus en plus important (courant d'air de plus en plus puissant). Pour que le niveau d'essence soit ajusté en conséquence (par simple aspiration), on force le carburant disponible dans la cuve à passer (principe des vases communiquants) par le gicleur principal, dont l'intérieur est de forme conique. Dans ce cône coulisse l'aiguille (conique elle aussi) qui est assujettie au boisseau. Donc, plus le boisseau est levé, plus l'aiguille qui a suivi le mouvement laisse passer d'essence. La position de l'aiguille dans le boisseau est réglable, mais seulement si on sait ce que l'on fait, sinon, on touche pas !
Au ralenti, quand le boisseau est fermé (et l'aiguille repose dans son puit qui est, on l'a compris, le gicleur principal), la dépression en provenance du moteur passe par un conduit latéral usiné dans la fonderie du corps du carbu. Un autre gicleur est là pour calibrer le débit d'air minimum nécessaire, gicleur plus ou moins obstrué par la vis de richesse réglable, qui fait office de pointeau, car conique elle aussi. Le "ralenti" peut-être augmenté grâce à une autre vis conique qui, plus ou moins vissée, force le boisseau (comportant là une butée en forme de rampe) à se tenir plus ou moins levé, favorisant ainsi l'arrivée de l'air dans la venturi (corps du carbu), donc dans le circuit principal.
Tout ça se complique avec les carbus plus évolués à double-corps, à dépression, à pompe de reprise, à réchauffage, à couplage à l'allumage, etc…) mais ce n'est pas le cas avec les carburateurs simples de nos Bullet. Mais le principe est toujours le même !
En attendant, ce qu'il faut retenir : si l'air n'arrive pas assez (filtre à air obstrué) ou qu'il y a trop d'essence (flotteur pas étanche, pointeau qui ne ferme pas), t'es trop "riche" = mauvaise combustion, encrassement, mouillage excessif de la bougie, consommation élevée, rinçage de l'huile dans le cylindre. Ça se diagnostique par une bougie noire.
Si l'essence n'arrive pas assez (ou trop d'air pour cause de prise d'air due à un défaut d'étanchéité, généralement à la pipe d'admission ou à l'échappement), on dit que le mélange est trop "pauvre" = échauffement, cliquetis (la combustion est remplacée par une explosion qui résonne dans le métal, d'où le bruit caractéristique du cliquetis), et à terme, grillage des soupapes, fonte de la calotte du piston (trou), dilatation excessive d'icelui (serrage), grosse mécanique, ongles noirs, amaigrissement notable du porte-monnaie et tout le cortège de misères… Ça se diagnostique par une bougie trop blanche.
Pour finir, si le carbu suinte un peu, ce n'est pas trop grâve. Mais s'il dégueule d'essence, c'est que d'une part, le niveau n'est pas bon (trop haut, voir flotteur ou pointeau), mais qu'en plus, le joint en papier, en liège ou en élasthomère qui fait l'étanchéité de la cuve est naze, ou pincé.