Changer le guidon, c'est simple mais ça demande un peu de méthode.
La première chose à faire, c'est de protéger son réservoir avec une grosse couverture, un blouson solide, un truc qui le mettra à l'abri des coups et des rayures d'un outil qui ripe.
La deuxième chose à faire (et le plus délicat), c'est de retirer la poignée en caoutchouc "main gauche" sans l'esquinter.
Pour ça, enlever d'abord le commodo gauche, deux demi-coquilles assemblées par deux vis accessibles par en dessous. Y'a pas de piège ni de trucs qui vont sauter, les deux parties vont pendouiller au bout de leur faisceau électrique et on peut les écarter.
Là, on s'occupe de la poignée en caoutchouc : introduire dans le manchon un tournevis plat ou une sorte de canule en plastique solide, un truc long et fin et on touille dans le manchon en le repoussant vers l'extérieur. Ça peut paraître idiot de le rappeler, mais pour dégager un tube de caoutchouc, faut le pousser pour le faire gonfler et non le tirer, ce qui va le tendre et le faire adhérer encore plus alors qu'on cherche à le faire glisser. Quand on arrive à le décoller, on peut injecter de l'eau savonneuse, ça va faire glisser encore mieux.
Quand c'est fait, y'a plus qu'à desserrer la cocotte du levier d'embrayage jusqu'à ce que son collier tourne librement et avec du jeu sur le guidon.
Passons à "main droite", côté accélérateur (le caoutchouc de poignée reste sur la poignée de gaz). La poignée de gaz se desserre elle aussi au niveau de sa cocotte, donc on s'arrange pour que son désserrage la rende libre sur le guidon.
Pareil avec la cocotte en deux demi-coquilles qui tient le rétro ou le coupe-circuit (ça dépend des motos, des montages...).
Quand tout est libre, y'a plus qu'à déposer la plaque qui sert de pontet de fixation au-dessus de la colonne de direction : sur nos Bullet, y'a deux écrous en bas et deux vis en haut et le guidon va "tomber" (d'où l’intérêt d'avoir préalablement protégé le réservoir).
Le guidon est alors quasiment libre, ne reste plus dessus que la cocotte d'embrayage à gauche (si elle n'a pas été déposée entièrement) et le commodo-poignée d’accélérateur à droite. Mais comme le guidon est libre en main, on peut dégager ces éléments retenus par leurs câbles et autres fils électrique en les faisant coulisser le long de leurs branches de guidon.
Le remontage du guidon se fait en sens inverse : on engage dessus les éléments d'embrayages, comodos de contact et poignée d'accélérateur, on replace le centre du guidon au-dessus de la colonne de direction, on repose la plaque, on remet les vis et écrous (d'une main, l'autre tient le guidon qui ne demande qu'à basculer), on serre légèrement pour que ça tienne en place, on ajuste ensuite les éléments des commandes à chaque branche, on serre les le tout progressivement jusqu'à ce que tout soit à peu près en place.
Quand on est sûr de ne rien avoir oublié (ou passé des fils en haut qui devraient être en bas), on resserre encore un peu le guidon dans son pontet (pour l’assujettir) avant de remonter le caoutchouc de poignée gauche : l'astuce consiste à le remplir d'une liquide qui s'évapore, l'essence (ou de l'alcool à brûler) va très bien et quand il dégouline, floup, on l'enquille à fond et d'un seul coup ! L'essence va s'évaporer et le caoutchouc va se "coller" au tube chromé.
Ensuite, on s'installe en selle et on oriente l'inclinaison du guidon en re-desserrant et resserrant le pontet central. L'orientation et l'inclinaison des commandes se règlent une fois que le guidon a trouvé sa bonne hauteur. Braquer à fond pour voir si les branches du guidon ne viennent pas taper dans le réservoir ou dans les cuisses (pour les grands). Chaque variation d'inclinaison du guidon nécessite une reprise du réglage d'orientation des commandes.
Note que le guidon doit être bien serré dans son pontet, mais les commandes et leviers pas trop, juste pour garder leur position, mais pas bloquées trop dur de façon à pouvoir tourner en cas de chute de la moto et ainsi limiter la casse... peu-être.
Prévoir des colliers Rislan neuf pour remplacer ceux qui maintenaient les faisceaux et qu'on aura éventuellement coupés à la pince coupante (le collier, pas le faisceau !)
