Bon alors voila, je profite des quinze minutes de pause du règlement pénitentiaire pour tout vous expliquer.
ç'avait super bien commencé par l'anniversaire du départ de la Kawette prézidontielle avec les filles du bouclard d'à côté quand on est allés leur reprendre vu qu'y avait un accord pour compenser les frais de garde.

Ensuite, on a fait un peu les cons avec le mec DED, genre parcours de bosses avec la remorque, grand huit sur la bretelle d'autoroute, faut dire qu'on était un peu bourrés avec tout ça. Finalement le DED il a décidé de monter avec moi jusque chez le Pat sur la moto

Heureusement les pompiers n'ont pas appelé la police quand ils ont ramassé le Ded et la Kawette sur le bitume parce que j'avais démarré trop fort. Bon. Ils ont emmené le Ded en morceaux, et ils m'ont aidé à remonter la Kawette sur la remorque en morceaux aussi (pas la remorque, la Kawette, suivez un peu).
Finalement j'aurais jamais dû faire le retour tout seul. D'abord ç'a été super essoufflant de courir chercher les morceaux de kawette qui tombaient derrière toutes les dix bornes. Sans compter les camions qui roulaient dessus. Mais ç'a été surtout quand il a fallu que je remette debout la brêle qui s'était affalée rudement contre les ridelles dans un méchant pif paf. Heureusement le réservoir avait déjà explosé et toute l'huile était partie la première fois, du coup y a pas eu de gras à salir la remorque.
Jusque là tout allait à peu près bien, en tout cas j'aurais pu ramener quelque chose mais au péage de Montauban je me suis fait gauler par la Douane. Garez-vous là qu'ils m'ont dit. Bon, moi, innocent (que je croyais) j'obéis et je dis bonjour bien poliment. Et puis eux ils ont dit le reste. Paraît que les papiers vont pas du tout, que le numéro correspond à une meule trafiquée dans le cadre d'un énorme trafic de motos volées en Espagne, et que je suis le mis en cause principal vu que pour le moment ils en tiennent qu'un et que ce un c'est moi.
C'est la raison pour laquelle je vous écris du commissariat, spécialement celui de Biriatou, où on m'a transporté clandestinement, couché au fond d'une fausse bétaillère toute tapissée de crottes de moutons et de bouses de vache pour faire plus vrai, parce qu'il paraîtrait aussi qu'ils auraient trouvé des empreintes digitales d'un type soupçonné d'être un gros bonnet d'ETA. Et pour finir ils ont dit que j'aurais pas à bouffer tant que j'aurais pas donné le nom du mec qui achetait la moto. Je sais pas jusqu'à quand je pourrai tenir.
Bon, là je vous quitte, le docteur attend pour me nettoyer un peu avant de passer devant le juge, en plus je sais pas si vous avez essayé mais c'est pas facile de tapoter avec des menottes aux poignets attachées dans le dos.