ben moi j'aime pas l'injection, trop compliqué et pas dépannable au bord de la route.
J'ai retrouvé un article que j'avais fait pour l'AMZ qui traduit bien le problème de la complexité et de la merde dans laquelle elle va nous mettre si on veut continuer de l'utiliser.
Ça résume bien ma pensée sur l'injection, j'ai surligné ce qui me paraissait important.
Lors d’une recherche sur des sites économiques je suis tombé sur cet article un peu particulier.
Ce qui a fait tilt dans ma tête c’est qu’il est écrit par un russe et qu’il peut peut-être nourrir des réflexions d’estien.
Article intégral :
http://www.orbite.info/traductions/dmit ... ement.htmlL’auteur en est un ingénieur, Dmitry Orlov, né en ex URSS et émigré au Etats-Unis.
Il fait là un parallèle entre l’effondrement de l’URSS en 89 à laquelle il a assisté et la crise économique dans laquelle sont entrés les USA où il vit actuellement.
Ce qu’il dit est tout à fait transposable à l’Europe bien que la crise y soit peut-être moins aiguë.
Il est à noter que le gars avait du nez, son article est de décembre 2006.
Les prémisses de son raisonnement sont les suivants :
- L'Union soviétique (URSS) s'est effondrée il y a environ dix-sept ans. Les États-Unis s'effondreront (économiquement ou politiquement) à un certain point.
- Les dates exactes des effondrements sont impossibles à prédire. Mais l'un des faits les mieux connus sur les empires est qu'ils s'effondrent. Sans exception.
- L'effondrement soviétique était plus difficile à prédire à cause du secret. De nombreux signes de difficultés pour les EU indiquent qu'ils pourraient s'effondrer n'importe quand.
- L'effondrement soviétique a beaucoup à apprendre aux EU. Les différences sont tout aussi intéressantes que les similarités.
Il nous explique que dans nos sociétés occidentales nous sommes très mal préparés à ce qui est en train d’arriver et que nous devrions peut-être regarder du côté des ex pays de l’est pour en tirer quelques leçons de survie.
Les Russes et par extension les pays du COMECON vivaient dans une économie de pénurie et il fallait bien se débrouiller pour survivre. Ils y ont réussi encore et parce qu’ils y étaient « préparés » quand leur système politique s’est brisé.
(cf. le numéro de contact Noël spécial Roumanie écrit par Guy Skiban.)
Dmitry Orlov aborde de façon détaillée plusieurs aspects du problème, militaire, économique, social, etc…
Les difficultés auxquelles sont confrontés les USA aujourd’hui sont comparables à celles connues par l’URSS dans les années 80. Mais les conséquences en seront différentes sur la population parce que les modes de vie sont dissemblables.
L’URSS était « conçue » dans ses moindres détails pour permettre un fonctionnement à peu de frais. Par exemple l’urbanisme des villes était tel que n’importe quelle unité d’habitation était desservie par des transports collectifs. Une pénurie de carburant n’aurait eu qu’un très faible impact. Qu’en serait-il des Etats-Unis et de ses banlieues infinies dans une telle configuration énergétique. En URSS tout le monde a réussi à garder son logement alors que les USA semblent en voie de clochardisation pour une grande partie de la population.
« Pour tenir le diable à distance, les Américains ont besoin d'argent. Dans un effondrement économique, il y a habituellement une hyper-inflation, ce qui efface les économies. Il y a aussi un chômage endémique, ce qui efface les revenus. Le résultat est une population qui est largement sans le sou. Les conséquences sociales d’un effondrement économique sont, entre autres, l’émergence d’une économie de troc et de subsistance.
En Union soviétique, très peu de choses pouvaient être obtenues par l'argent. On le traitait comme un symbole plutôt que comme une richesse, et on le partageait entre amis. Beaucoup de choses — dont le logement et le transport — étaient soit gratuites soit presque gratuites. »
Il termine ensuite par une analyse du système politique et de son inefficacité en cas de problème majeur.
Il préconise donc de se préparer à vivre différemment et clôt son article par quelques conseils pour surmonter au mieux la crise qui arrive.
- N'alimentez pas les feux du progrès et de la prospérité économique. Retirez votre argent des marchés financiers. Placez vos économies dans des objets durables de valeur pérenne.
- Éliminez l'endettement et réduisez votre dépendance d'un salaire constant. Ne vous évertuez pas à réussir économiquement.
-
Optimisez pour un maximum de temps libre, d'indépendance et des responsabilités limitées. Ne travaillez pas trop dur ni trop longtemps. Ne participez pas à l'économie sans nécessité. Achetez aussi peu que possible. Réutilisez autant que vous le pouvez.
-
Le secteur commercial deviendra très vite inutile. Puisqu'ils vous seront inutiles, vous pouvez commencer en avance à être inutile pour eux.
Il est intéressant de citer deux paragraphes en particulier car ils sont un peu plus que les autres liés à notre passion des machines de l’est.
« La population des États-Unis est presque entièrement dépendante de l'automobile, et se fie aux marchés qui contrôlent l'importation de pétrole, le raffinage et la distribution. Elle compte aussi sur des investissements publics continus dans la construction de routes et leur réparation.
Les automobiles elles-mêmes requièrent un flux continu de pièces importées, et elles ne sont pas conçues pour durer très longtemps. Quand ces systèmes tortueusement interconnectés cesseront de fonctionner, une grande partie de la population se trouvera isolée.L’économie occidentale repose essentiellement sur des flux de marchandises, que se passerait-il s’ils venaient à s’interrompre ? »
«
Les biens de consommation soviétiques ont toujours été un objet de dérision — les réfrigérateurs qui chauffent la maison et la nourriture, et ainsi de suite. Vous aviez de la chance si vous en aviez seulement un, et c'était à vous de le faire fonctionner une fois que vous l'aviez chez vous. Mais une fois que vous l'aviez fait marcher, il devenait un inestimable héritage familial, passé de génération en génération, robuste et presque indéfiniment réparable. Aux États-Unis, on entend souvent que quelque chose ne vaut pas d'être réparé. C'est assez pour faire voir rouge à un Russe. J'ai entendu dire une fois par un vieux Russe qui était furieux qu'une quincaillerie de Boston n'ait pu lui vendre des ressorts de literie de rechange : Les gens jettent d'excellents matelas, comment suis-je censé les réparer ?
L'effondrement économique tend à arrêter à la fois la production locale et les importations, et il est donc vitalement important que tout ce que vous possédez s'use lentement, et que vous puissiez le réparer vous-même s'il casse. Les trucs fabriqués par les Soviétiques étaient généralement incroyablement durs à l'usure* . Les trucs fabriqués par les Chinois que l'on peut obtenir par ici, beaucoup moins. » * Là je pense quand même que le traducteur à du faire une légère erreur, je savais que les ourals ou les IZH étaient dures à démarrer, mais à l’usure ?
Que pouvons nous retirer d’un tel article et peut-il conforter nos options motocyclistes à contre courant car c’est bien de cela dont il s’agit ici.
Je ne prendrai pas position sur le fond de l’article, chacun étant libre de ses propres interprétations, sur le politique, sur le devenir de l’humanité et sur les sujets connexes.
Toutefois il semble bien que nous soyons arrivés à la croisée des chemins et que le monde tel que nous l’avons tous connu depuis notre enfance soit en voie de transformation.
Combien cela va-t-il durer ? 2 ans, 10 ans ? Personne ne sait, personne ne sait non plus sur quoi aboutira la transformation mais il va nous falloir aborder ce nouveau monde avec la maximum de chances de pouvoir encore… faire de la moto.
Et dans cette configuration, eh bien la moto de l’est ne semble pas trop mal partie si trois conditions préalables sont remplies.*
- Que des pièces soient encore fabriquées et a un tarif comparable à celui que nous connaissons.
- Que le pic pétrolier n’arrive pas trop vite faisant flamber le prix à la pompe et rendant obsolète tout engin dépassant le litre au cent.
- Que les politiques soucieux des problèmes environnementaux ne mettent définitivement nos machines au rebut.
Les autres motos disponibles sont rédhibitoirement inadaptées au futur de la majorité de la population.
- Le prix des pièces de réparation est dissuasif, même chez les utilitaires basiques.
- Il est de plus en plus impossible de les réparer soi-même, c’est conçu dans ce sens.
- Leur conception est résolument court-termiste et leur fin de vie est programmée.
- Leur valeur d’usage effective dans un monde en dépression va fortement baisser. Mauvais investissement.Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui beaucoup de parties de notre vie qui soient un héritage direct des pays de l’est et de leur manière de vivre à part nos machines. Certes on pourra m’objecter que le parti communiste remue encore un peu…
Ce que prédit Dmitry Orlov n’est-il pas un plaidoyer en faveur des choses simples qui permettent l’autonomie, la réparabilité et la durabilité ? Toutes qualités de nos motos.
Sans parler du caractère quasi indéfiniment recyclable des ces assemblages approximatifs qui permettent par conséquent des mécaniciens aussi approximatifs. Ne serais-ce pas de ce côté qu’il faut rechercher une forme de sagesse et l’étendre à tous les aspects de notre vie (sauf pour recommencer à fumer ou être trop porté sur la boisson).
L’intelligence de l’époque qui vient sera de fabriquer des choses dans l’esprit de nos machines. Des choses dont on comprendra un peu le fonctionnement et sur lequel on sera à même d’intervenir.
N’empêche et pour finir qu’après avoir été traités de ringards toutes ces longues années par des guignols montés sur des séchoirs à cheveux multicolores, nous allons finir par être enfin reconnus à l’avant-garde du progrès.
Yes oui canne !
Donc je n'aime pas la complexité qui ne sert qu'à vendre du SAV (et j'aime les RE fonte à carbu pour le contraire).
Regardez les possesseurs de yam ybr 125 et 250 à injection, pas mal d'emmerdements insolubles et un bras à chaque fois.
La seule raison d'être d'un être, c'est d'être. (Louis Ferdinand de Labiellequicogne)