Skyranger a écrit :
Pour les retraites enfin un gouvernement à les couilles de liquider tous les régimes spéciaux qui mettent à mal la devise de la république: l'égalité.
Enfin un régime commun, à base de points, et qu'on ne vienne pas me dire que les cheminots ou les enseignants ou même les députés ont des boulots plus dur que le mien de cariste, et qu'ils méritaient comme les flics ou les mili de partir à 45 ou 50 ou 55 ans...., avec des pensions sur leur dernier salaire, quand pour le vulgus pecum c'est sur les dernières 25 années.
Je t'en prie, Skyranger, deviens enseignant, tu verras, c'est pas dur comme tu le dis.
Il te suffit d'avoir un master - c'est pas dur, il suffit de réussir 5 ans d'études après le bac. Tellement facile en fait qu'environ 10% des bacheliers y parviennent.
Ensuite c'est pas dur, il suffit de réussir le concours (et encore plus facile si tu as fait quelques années de plus après le master): 13% de réussite, tout de même, c'est de la rigolade.
Puis - c'est toujours pas difficile- d'accepter d'être muté à l'autre bout du pays, non, pas le bout d'en bas, celui d'en haut, et d'y passer une dizaine d'années, souvent en déménageant chaque année parce que tu commences comme remplaçant et qu'on te ballade d'un département à l'autre à chaque rentrée pendant la première décennie.
Et puis, le plus facile, c'est d'accepter de voir qu'année après année, le chiffre inscrit sur ta fiche de paye ne bouge toujours pas d'un iota alors que bon, celui en bas des factures augmente chaque année, lui, et qu'on te demande de plus en plus de boulot avec de moins en moins de moyens.
Et puis c'est un boulot qui n'est tellement pas dur qu'on adore en faire à la maison, le soir, le week end, pendant les 5 semaines de vacances d'été (hé oui, les élèves en ont beaucoup plus mais pas moi!) . Et tellement que des fois, on revient en dehors du boulot et on paye pour se former.
Ca t'es arrivé toi, de prendre une RTT et de payer de ta poche un formateur pour qu'il t'explique comment utiliser ton nouveau Fenwick?
Souvent, depuis que je suis là-dedans, je me suis posé la question de savoir ce que ça aurait fait si j'avais gardé mon premier boulot: cariste. Les copains qui l'ont gardé ont depuis longtemps construit et payé leur maison, je ne pourrai jamais le faire.
Le problème, tu vois, c'est que cette réforme change les règles du jeu en cours de route et qu'au lieu de pouvoir compter sur 2200€ de retraite (ce qui est déjà considérablement plus élevé que mon salaire actuel de 1680€!) dans une quinzaine d'années, je n'en toucherais que 1200. Tous les engagements successifs à augmenter notre rémunération à la hauteur de la qualification et du travail effectué ont été gelées ou annulées.
Le contrat, quand on rentre dans la fonction publique, c'est qu'on accepte tous ces inconvénients, dont l'essentiel de la carrière très mal rémunéré avec une augmentation à la fin, en échange de la sécurité de l'emploi et de la retraite qui lui est associée. J'ai rempli ma part du contrat, j'attends de l'Etat qu'il remplisse la sienne, c'est tout.