poussah a écrit :Le nom du photographe est bien indiqué en cliquant sur le « i » en bas à droite, donc le droit moral de paternité est respecté.
En effet, le nom de l'auteur de la photo est mentionné en cliquant d'un clic droit sur "informations sur l'image". A partir de là, sachant que la photo a été récupérée sur un célèbre site d'images, suffit de taper le nom suivi du nom de ce site d'images, de regarder la liste des albums créés et on retrouve la photo et la série dont elle issue... en moins de dix clics !
On apprend aussi où l'auteur a voyagé depuis des années !
Pour être vraiment en règle, Le point aurait dû mentionner le nom de l'auteur de la photo suivi de la mention "DR" (droits réservés), on appelle ça "créditer" une image.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Un chroniqueur auto-moto au Point trouve une vidéo sur Youtube d'un zigoto en turban qui fait le kakou sur sa Bullet... vidéo comme en on connait tous ici. Le chroniqueur trouve matière à gloser sur le zigue, histoire de sortir un papier dans lequel il se moque gentiment de la protection divine supposée de l'acrobate en regard des risques qu'il prend avec sa Bullet.
L'article date de 2014, en version abonnés pour visionner la vidéo qui n'apparait plus aujourd'hui (du moins si l'on n'est pas abonné au point). Pour illustrer l'article, le maquettiste web a cherché une image de Bullet avec un moteur de recherche, il en a trouvé sur le site d'image en question et hop, copié-collé. Et hop, l'image est utilisée sans frais !
Combien ça vaut une image comme ça pêchée sur le net ? A peine quelques dizaines d'Euros ! Qu'est-ce qu'il y a gratter pour l'auteur de la photo six ans plus tard ? Pas grand-chose... ou alors de la procédure qui ne donnera pas mieux au final.
Si l'auteur est fâché de l'utilisation indue de sa photo (ça peut se comprendre et c'est défendable) et qu'il le fait savoir à la rédaction, Le Point la supprime et l'infraction aux droits d'auteur cesse. Légalement, le média doit payer la photo, au tarif en vigueur dans la presse. Ce tarif est évalué selon l’exceptionnalité de l'image : a t'elle fait l'objet d'une commande, est-elle exclusive, rare, unique, l'auteur a t-il pris des risques énormes pour cette photo ? A t'elle été utilisée pour la couverture d'un livre qui a généré des profits, a t'elle été utilisée pour l'affiche d'un film à gros budget ?
Non... il s'agit d'une photo de moto prise dans une rue, quelque-part en Inde... une photo comme il en existe des millions sur Internet. En cas de contestation, quelle est la valeur du préjudice ? L'auteur se retrouve t-il dans une situation délicate, gênante, dangereuse, portant atteinte à sa réputation, son métier, sa famille ?
Le Point est en faute pour utilisation sans accord d'une photo déposée sur un site d'images, pas plus et tout ça date de six ans déjà. Y'a pas grand-chose à en tirer, sauf de demander un abonnement gratuit d'un an à ce média.
Sinon, si tu veux exiger le paiement de l'utilisation de ton image (celle dont tu es l'auteur), tu fais :
-une capture d'écran
-un courriel à la rédaction (capture d'écran jointe) où tu demandes le paiement de ta pige de photographe (tarifs à trouver préalablement)
Si tu es journaliste professionnel, tu peux demander une fiche de paie (pas besoin de facture, la publication de la photo fait foi d'usage).
Si tu es juste amateur, tu peux demander une paie en Agessa (droits d'auteur), en l'échange d'une facture.
Sache que quand le média aura payé la photo, il en aura acheté les droits d'usage (tu conserves néanmoins la jouissance de tes droits d'auteur) et son groupe de presse pourra s'en resservir... il devra alors te payer à nouveau, mais en "repasse" (tarif moins élevé).
Bon courage !