Marco a écrit :Skyranger a écrit :Pareil...
Faudrait un jour que j'essaye en roulant, à la Celle-Dunoise j'étais monté sur celle de Marco mais la position de conduite m'avait déboussolé.
C'est super, une Calif' ! Ça a l'air plein de contradictions sur le papier et en fait, toutes ces étrangetés sont complémentaires pour en faire une moto à nulle autre pareille.
D'abord, ça a d'la gueule, avec cet air d'Harley à l'européenne, mais en plus léger...
Et puis ce moteur "à l'ancienne" ! Ça tracte tout le temps, comme si t'avais une main de géant qui te pousse dans le dos, pas vite, pas brutalement, mais une bonne poussée en continu, avec le grondement sourd des échappements et le bruit de succion de l'admission. Entre 2500 et 6000 tr/min, le moteur est vivant, plein, avec un gros caractère... un vrai copain !
On a vraiment le sentiment d'être à cheval sur un gros moteur. À 4000 tr/min à 120 km/h en 5è, il ronronne comme un gros chat, on peut rouler comme ça sur autoroute durant des kilomètres, les deux aiguilles (vitesse et tr/min) à midi dans leurs compteurs... il ne force pas, il est dans sa plénitude, une vraie locomotive !
Un dépassement rapide à faire ? Tu tournes la poignée et BRÂÂÂÔÔUUUU, la vitesse augmente dans une poussée exponentielle, les deux aiguilles filent vers la droite des cadrans et le semi-remorque qu'on dépasse rapetisse rapidement dans les rétroviseurs...
À nouveau seul et en tête, on revient sur la file de droite tranquillement en laissant le régime redescendre... voilà, tu roules depuis deux heures, t'as déjà fait 200 bornes et l'autoroute devient chiant, il est temps de prendre la prochaine sortie pour enquiller les grandes nationales on l'on va croiser à 100/110... un radar en vue ? Tu coupes, tu repasses la 4è, en douceur pour baisser la vitesse et une fois stabilisé, tu remets la 5è pour filer sur un filet de gaz.
Ah, voilà des virages ! Allez, on rentre un ou deux rapports pour profiter du gros frein-moteur, le régime remonte aussitôt, on revient sur l'avant de la selle, on serre les genoux, on vise la sortie de la courbe en tangeantant le point de corde et on remet du gaz progressivement... et ça passe comme un Yak en train de virer sur l'aile, avec la poussée du moteur qui gronde entre les cuisses tandis que la moto se redresse en sortie de courbe, juste là où il faut.
La partie-cycle renvoie tout le temps des infos franches, suffit de regarder la route, ça suit le mouvement avec une belle précision, tout d'un bloc.
Le freinage intégral, c'est super aussi : la pédale au pied droit commande le disque AR et un des disques AV, ça procure des freinages puissants et à plat, sans variation d'assiette, sans que la moto ne se désunisse entre l'avant et l'arrière.
La position est un peu étrange à l'arrêt : pieds bien à plat sur les repose-pieds wagon, bras écartés sur le grand guidon, on se se croit sur une moto de manège... au début, on ne sait pas trop quoi faire de ses pieds : à droite, la pédale de frein semble un peu haute et à gauche, le pied se cogne entre les deux branches du sélecteur, on a les genoux qui butent contre les deux culasses... et puis en roulant, on trouve ses marques : schlack, schlak, les rapports se montent au talon, entre deux montées en régime... si on roule au moteur, le frein sert assez peu mais dès qu'on pose le pied sur la pédale, on le sent qui entre en oeuvre puissamment, mais une Calif' se conduit aux gaz, pas aux freins.
On roule sans se trainer, mais sans s'énerver, peinard, visière ouverte derrière le grand pare-brise. Un peu de pluie ? On sort la tenue anti-pluie ? Bah, les gros garde-boues limitent les projections, les mains, les bras et le buste restent à l'abri et voilà, on sort des nuages, c'est passé, ça ne valait pas la peine de s'arrêter, la chaleur des gros cylindres renvoient un douce tiédeur sur les genoux qui sécheront bien vite.
Avec sa très longue béquille latérale à déploiement horizontale, on peut s'arrêter partout, même sur un sol pas droit et mou, ça ne bougera pas.
L'entretien est faisable, pas besoin d'outils spéciaux, tout est logique et cohérent... faut juste proscrire les lavages au jet parce que ça rouille assez vite dans les petits coins. Seules les grosses interventions sur l'embrayage sont longues car il faut décadrer la moto pour dégager tout le groupe moteur-boîte, mais on ne fait pas ça souvent... une fois dans la vie de la moto si on la garde longtemps.
Enfin bref, une Guzzi Calif', c'est vachement bien ! C'est un peu la synthèse idéale entre une Harley Road-king et une Ducati ou entre une BMW R 75/6 et une Norton Commando...
