Salut Emergo,
comme le rappelle l'ami Poilaboi, je confirme : de fin juin à fin Août 1993, je suis allé de Brest à Vladivostok en 2 CV : en fait, il avait deux fourgonnettes, une 2 CV type AK 400 et une Acadiane. Nous étions cinq potes. Le voyage a duré 55 jours pour environ 16 000 km. Je me suis laissé dire qu'aujourd'hui, la route est goudronnée jusqu'à Vladivistok, mais à l'époque, c'était loin d'être le cas. Les Deux-pattes on tenu, à 80 km/h sur la piste la plupart du temps. On a eu des problèmes d'allumage (un fil HT qui déconnait par intermittence) de Poznan à Moscou, pété un goujon d'amortisseur au Tatarstan (aucune réparation de fortune n'a tenu), trois crevaisons et une BV explosée à Novossibirsk... Réparée avec les moyens du bord (soudure du carter dans une usine d'aéronautique et roulement de moto Oural bricolé), elle a tenue jusqu'au bout. On a bu beaucoup de vodka et d'autres trucs de fous à 96 °, aussi un peu de l'eau du Baîkal, mangé beaucoup de cet espèce de salami à la russe, ainsi que leur drôle de pain de mie à la sciure. On a aussi ingurgité pas mal de gadoue et d'autres choses bien plus improbables (caviar à la cuiller à soupe, esturgeon séché salé, omoul, boulettes de viande, poulet à la géorgienne, piélmenis, nouilles chinoises, blinis, etc...)
Un beau voyage, un sacré pays et des Russes (particulièrement les Sibériens) qui méritent d'être rencontrés.
Petit rectificatif à l'article : à la fin, le journaliste a écrit qu'on avait offert la 2 CV à un touriste américain... C'est pas tout à fait ça : on l'a laissé à un jeune pigiste américain qui nous a hébergés une semaine à Vladivostok alors qu'on ne ne voulait pas de nous dans les hôtels pour cause d'absence de visa dans cette partie du Monde, officiellement encore fermée aux occidentaux. Cerise sur le gâteau, il s'est avéré que Witney, l'ami américain, n'était pas tout a fait en règle non plus et aussitôt après notre départ, ses voisins l'ont menacé de le balancer aux flics et lui ont extorqué la Deux-pattes pour prix de leur silence.
Huit à dix ans plus tard, un des copains de cette aventure est retourné à Vladivostok pour le boulot et des gens lui ont affirmé avoir vu rouler "notre" 2 CV, toujours vaillante.
Autre rectif' , le bâtiment n'est pas la mairie de Vladivostok, mais la gare ferrovière, terminus du Transsibérien.
Ah, ces journalistes...