druid a écrit :Elles n'en restent pas moins aussi moches que les autres. ...
Comment faites vous pour rouler sur des horreurs pareilles ?

Et toi, les tondeuses que tu vends, les clients te les achètent pour leur "beauté" ? Et ta brèle de trial moderne, tu trouves ça beau ?
Y'a des motos très belles (les anglaises classiques sont magnifiques) et des motos qu'on aime pour d'autres qualités, je pense que c'est le cas des BMW.
Enfin, je parle des BMW classiques, d'avant les années 90.
Des BMW, j'en ai eu quelques unes... ce n'est par leur design qui m'a intéressé (quoique leurs pièces mécaniques peuvent être assez belles, même si ce n'est pas leur but), mais leur homogénéité à l'usage et le parti-pris très résolu de ceux qui les ont conçu.
"Aucune moto n'est conçue comme une BMW" disait d'ailleurs un slogan publicitaire de la marque il y a quelques années et c'est bien vrai.
À conduire, ça peut paraître étrange au début : les comodos sont différents, la moto lève du cul à l'accélération, la fourche à grand débattement parait caoutchouteuse, le moteur s'ébroue de gauche à droite, la sélection de vitesse est lente car la BV tourne à la vitesse du vilo en direct (donc, ça ne favorise pas les changements de rapport rapides), l'embrayage a une attaque brutale, le flat-twin s'exprime de façon plutôt linéaire, sans donner d'impression de coup de pied au cul, la poignée de gaz a un tirage long et dur (c'est un couple conique qui tire le câble qui se déplace en ligne et non en s'enroulant), les freins manquent de mordant à l'avant, mieux vaut ne pas couper les gaz en courbe, vraiment je comprends que certains motards ne s'y fassent pas. J'en ai vu essayer sur 100 m et manquer se casser la gueule, la moto faisant des bonds de cabri, les mecs n'arrivaient pas à gérer l'embrayage et la poignée de gaz.
Et pourtant, à l'usage, on découvre des motos efficaces, confortables, faciles à entretenir et à réparer et elles sont très polyvalentes, aussi faciles à mener en ville ou sur des routes défoncées (voir des pistes) qu'à tracer sur autoroutes pendant des heures. À catégorie et cylindrée égale, elles sont plus légères que les japonaises et leur centre de gravité très bas les rend très faciles à manier.
C'est de la bonne ferraille costaud et quand ça tombe, ça se relève sans gros dommages, à part quelques éraflures sur les pare-cylindre. Mettez une Honda Africa-twin par terre et vous allez voir les dégâts ! Elles sont très simples aussi ! Pas ou très peu d'électronique (jusqu'à l'arrivée de l'allumage électronique), pas de refroidissement liquide, pas d'éléments périphériques à démonter pour aller chercher la pièce qu'on veut changer ou réparer, c'est fait pour être entretenu facilement. Et on trouve encore toutes les pièces rapidement, en neuf ou en occasion, même pour des motos vieilles de 45 ans, comme c'est le cas de cette R 60.
Pourquoi on aime ça ? Peut-être parce qu'on a l'impression qu'on peut compter dessus... et puis elles sont "vraies" telles qu'elles sont, elles n'essayent pas de ressembler à un truc à la mode... c'est assez subjectif, je suis d'accord.
Et peut-être que quand on aime ces BMW, on les aime aussi parce d'autres les détestent juste par principe.
