Jano a écrit :...
Marco, tu repproches à une moto de trainer le même look depuis les années 80 alors que tu défends bec et ongles (parfois aveuglement, pardon) une moto qui n'a pas subi de transformation esthétique révolutionnaire depuis plus d'un demi siècle....
Salut,
ça n'a rien à voir ! Les Bullet sont la continuité d'un modèle qui remonte aux années 30 et qui a évolué (lentement) par sa mécanique et sa partie-cycle tout en restant en gros la continuité des modèles précédents.
Les Bullet "fonte", avec leur carter de distribution, la BV séparée, la transmission à gauche, c'est tout simplement l'architecture mécanique de quasiment tous les monocylindres des années 30, notamment anglais... elles ne sont pas faites comme ça pour ressembler à une autre moto, mais parce que toutes les motos de l'époque étaient comme ça.
Les customs japonais des années 80 sont des sortes de copies des choppers à base d'Harley des années 60-70 que les japonais ont produit en série pour plaire aux occidentaux... ça a juste été un phénomène de mode. Le style low-rider, avec la partie AR qui cache la suspension pour donner le look "rigide", les pieds en avant, la selle surbaissée, les grosses roue AR, les espèces d'enjoliveurs en plastique chromés à l'AR, c'est juste pour "faire américain".
Le style custom des motos japonaises a été créé entièrement, mais dynamiquement, techniquement, ça n'a aucune justification, c'est juste de l'habillage, du "look". Ce sont des motos demandées par des commerciaux pour produire des modèles tout faits, prêts à l'usage et sensés plaire à une niche de motards qui rêvent d'Amérique.
Le style "chopper" (to chop = couper) vient à la base des mecs aux USA qui personnalisaient d'antiques Harley en allongeant la fourche (fabriquer une fourche à tube en remplacement des bouts de ferraille des fourches mécaniques à parallélogramme), en coupant les garde-boue, en fabricant des selles à étage avec sissi-bar sur des motos à partie-cycle rigide car elles n'avaient pas de suspension AR... dans les années 70, c'était "cool" et ces personnalisations étaient des réalisations personnelles de bricoleurs inventifs qui se débarrassaient, dans un courant de contre-culture, des standards calibrés de l'American-way-of-life de la société de consommation américaine.
Et comme c'était "cool", les japonais se sont dit qu'ils allaient copier ça pour vendre des motos toutes faites qui ressembleraient à des Harley pour des motards qui voulaient ressembler à des méchants garçons rejetant la société, mais qui ne bricolaient pas eux-même et qui trouvaient que les vraies Harley étaient bien trop chères. Et le style "custom" est apparu comme ça, proposé dans quasi toutes les marques japonaises, avec du clinquant partout, des radiateurs de refroidissement cachés sous des carters brillants, des moteurs avec de fausses ailettes de refroidissement, des suspensions AR planquées sous le cadre pour donner l'aspect de cadres rigides à l'AR, le tout rehaussé par des selles capitonnées, des réservoir pentus, ventrus et plats sur le dessus, des "sabres" en plastique chromé sur les flancs des gros garde-boue AR en plastoque, etc...
Y'avait plus rien à faire sur ces motos toutes faites... juste s'acheter une paire de santiag, un gilet en cuir et un casque jet à visière comme ceux des flics américains pour parfaire le look US.
Aujourd'hui, vu que la mode c'est ce qui se démode, comme disait Brummel, le style est revenu au look Classic/motos anglaise/Steeve McQueen qui saute les barbelés de la grande évasion, avec le style scrambler, les pneus à tétines, la bande velpeau sur les tubes des jappements, tout ça mélangé dans une espèce de soupe à colifichets où tout se mélange dans une sorte de néo-style "rebelle", avec des motos dépouillées à l'extrême mais pourvues de tous les bidules pour accueillir l'environnement numérique connecté de l'homme moderne et entreprenant qui mène sa vie tambour battant.
Et Royal-Enfield suit la tendance avec ses nouveaux modèles au design affuté par des commerciaux performants, qui parlent un anglais parfait appris à Oxford et qui portent des boots de bucherons ostensiblement délacées et des chemises à carreaux aux manches parfaitement retroussées pour laisser apparaître les tatouages "tribal" qui assurent un sex-appeal implacable.
Ceci-dit, je trouve que le style low-rider de leurs futurs modèles est un peu suranné et je préfère leurs modèles plus "classic" qui perpétuent un peu l'histoire singulière de Enfield venue d'Angleterre. Dans le genre, l'Interceptor est une réussite et la nouvelle Classic 350 est plutôt pas mal esthétiquement. Par contre, leurs modèle "low-rider", je trouve ça un peu tarte. M'enfin si ça se vend, j'm'en fous.