Daniel78 a écrit :Le résultat de ce numerus clausus, c’est qu’un business s’est mis en place à l’étranger. Avec des écoles ou des classes payantes, qui ont ouvert pour accueillir les étudiants français qui ont échoué deux fois au PACES.
Je connais une gamine de l’âge de ma fille qui non admise en raison du numerus clausus après deux 1ères années en France, est partie 4 ans en Allemagne.
Équivalence de diplôme. Elle exerce actuellement en France comme kiné. Elle n’a pas eu à chercher du boulot en Allemagne, on est allé la chercher pour venir exercer en France.
Le système est devenu ridicule.
On plafonne le nombre de praticiens, alors qu’on en manque. Et même les praticiens établis et saturés s’en plaignent depuis 10 ans.
Alors que le système était pensé pour leur offrir de bonnes conditions de revenus sans augmenter le prix des consultations.
Oui...mais non. Le numerus clausus n' a pas été mis en place que pour freiner l'accès au soins et les dépenses de sécu, mais surtout pour que les conseils de l'ordre garantissent un exercice rentable.
Les kinés sont en voie de saturation, précisément en raison des diplômés à l'étranger qui contournent le numerus clausus et viennent se réinstaller en France. Ca devrait péter d'ici 5 ans parce qu'il n'y a pas de boulot pour tout le monde. De mémoire, 70 000 kinés nécessaires, et 5000 installations supplémentaires chaque année.
J'ai eu pas mal de rapports avec des kinés durant ma vie de patient: un tiers de charlatans (la microkinésie, quelle foutaise!) un tiers de charlots ("ici, je ne soigne pas les gens monsieur, ici je vais vous donner de l'amour), un tiers de fraudeurs ("bon, je vous facture deux séances de 30 minutes pour les 10 minutes d'electrostimulation, hein, ils ont l'habitude à la sécu, ils s'en foutent. Je vous laisse vous débrancher dans 5 minutes et vous rangez un peu, j'ai d'autres patients à voir.") . Aucun ne m'a jamais soulagé ni soigné.
Je me suis reporté sur la chiropraxie, enfin efficace et compétente, mais pas prise en charge.
Un bon coup de balai s'imposerait chez les kinés, ça serait pas dommage.
Contourner le numerus clausus à l'étranger, c'est effectivement un business très rentable.
Pour 7500€ par an pendant 6 ans, tu envoies ton gamin pas bien futé se former en Roumanie. A ce tarif, les cours sont en français.
Et hop à la fin il revient avec un joli diplôme européen de médecine. Un vrai diplôme, hein ? Faut pas prendre les roumains pour des brêles, ils ont d'excellents chercheurs et enseignants, et leurs étudiants sont à un niveau stratosphérique par rapport aux notres. Leur secret: se barrer dès que possible ailleurs, ça motive à se mettre au boulot. Il y a aujourd'hui deux fois plus de diplômés du supérieur en Roumanie (42% de la population) qu'en France (21,7%). Mais la Roumanie est le second pays d'expatriation au monde, après la Syrie. Triste record.
Bref, une fois que tu as fini de payer le diplôme de ton môme, compte 60 à 70000€ mini pour le cursus, il revient en France comme généraliste, parce que pour accéder à une spécialité en Roumanie, il faut suivre les cours en roumain, cette fois. Et en France, bah pour réintégrer le cursus de spécialisation, c'est loin d'être facile, sauf si tu veux être proctologue, là, il y a de la place. Enfin, façon de parler, ça reste une voie étroite dans l'exercice au quotidien.
En parallèle des petits français neuneus qui vont acheter leur diplôme à l'étranger, on a donc aussi les meilleurs médecins étrangers qui viennent chercher du boulot en France. Mais là, attention Citoyens, l'Ordre veille à ce que ces hordes de macaques qui se prétendent médecins ne puissent pas intégrer comme ça le valeureux Corps des Docteurs en Médecine, et procède à leur égard à une vigoureuse humiliation leur demandant, grosso modo, de se retaper tout le cursus, quels que soient leurs états de service préalables, avant de consentir à les laisser exercer, le plus loin possible, tiens, la Guyane, c'est très bien la Guyane, c'est plein d'étrangers aussi, vous serez bien entre vous, hein? (voir à ce sujet le très bon film Hippocrate de Thomas Litli, éloquent.